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Le Blog Officiel de Michel Bellin

mercredi 17 juin 2009

AVIS DE FERMETURE DU BLOG

Le 14 juin dernier, suite à l’interpellation du jeune Salem B*** deux jours plus tôt, j’ai ici mis en ligne un pressant appel sous forme de témoignage (“ Lettre à Youssef ”) et j’ai envoyé une centaine de courriels à ce sujet intitulés Help !

Je m’attendais à un tsunami d’empathie et de solidarité. (Pauvre Bellinus, toujours aussi crédule et immature !) Or, à part deux coups de fil et cinq courriels, nada. Rien à la suite de mon article, aucun commentaire, aucune suggestion, nul mot de soutien, nulle parole de réconfort que j’aurais pu transmettre au clandestin qui se morfond dans son centre de rétention. De petits mots simples du genre : « As-tu pensé à contacter… ? » ou bien « Souhaites-tu que je t’accompagne jeudi au Mesnil-Amelot ? »

Car si je me sentais seul, l’exilé de Kabylie devait l’être bien davantage. Ce jour-là, vendredi noir s’il en est, il n’avait pas eu le loisir de musarder dans la littérature, dans le docu-fiction, dans les mots… il était bel et bien coincé par la réalité, dans l’urgence et la contingence des maux. Et cela n’avait pas été prévu à mon programme culturel, même si l’en-tête de mon journal proclame… proclamait pompeusement : « Chaque jour, une page de littérature incarnée. » Chaque jour… sauf celui-là. Sainte Littérature, priez pour nous ! Aveu d’impuissance et infranchissable écart : du leurre au malheur. Du romantisme au réalisme. De la croyance naïve à la mauvaise foi. Du constat au verdict : à mort le blabla !

À la fin de cet interminable week-end, entre un coup de fil à l’avocate et un mail infructueux à la CIMADE, loin de ressusciter, je suis resté groggy, me disant : qu’il est facile, jour après jour, de peaufiner un texte, de le mettre en ligne voire de cosigner d’un clic une vibrante pétition ! Qu’il est louable de commencer puis d’abandonner la lecture d’un texte quand il ne nous concerne pas ou nous dérange ! Qu’il est téméraire d’arpenter le jardinet de son écran plat en imaginant qu’il s’élargit aux dimensions d’une planète solidaire ! J’ironise un brin mais je ne formule ici aucun reproche puisqu’il m’arrive de butiner pareillement sur la Toile.

En fait, ce que je ne supporte plus, c’est cette mondialisation du zapping décervelé – lecture clip et fast book, psy show et box-office, virtuel Peace and Love et happening compassionnel – que je contribue… que je contribuais sans doute à accélérer par mes éruptions égotiques, mes indignations d’opérette et mes textes kleenex. Mais aujourd’hui, c’est fini : la bonne conscience à très haut débit, non merci !

EN CONSÉQUENCE, J’AI PRIS LA DÉCISION DE METTRE UN POINT FINAL À CE JOURNAL EN LIGNE.

J’y dépose cette ultime pensée de Graham Greene dans “Les Comédiens” :

« La violence est une imperfection de la charité, mais l’indifférence est la perfection de l’égoïsme. »

Et aussi, en hommage à Baudrillard, cet “aphoricube” de mon cru (à la lettre L comme Lucidité) :

« On se calfeutre aujourd’hui dans le virtuel comme on gagnait jadis son ciel. Un seul mot d’ordre : sauvons le réel ! »

Je vais essayer de le sauver en retroussant mes manches. Merci en tout cas à celles et ceux – inconnus mais bien réels – qui m’ont été fidèles ici depuis le 7 septembre 2006 et qui pourront, s’ils le désirent vraiment, s’approprier à nouveau la chair des mots dans mes halliers de papier.


Michel Bellin, écrivain
ce 17 juin 2009.


POST SCRIPTUM : aux dernières nouvelles, Salem vient d'écoper d'un an d'interdiction du territoire avec un sursis de 2 mois... pour rentrer par ses propres moyens en Algérie ! En effet, après avoir refusé la destination de l'avion jugée trop éloignée de sa Kabylie natale, il a été conduit le 9 juillet dernier au Tribunal de Créteil qui a prononcé sur-le-champ la sentence.

Quant au sursis, c'est une fausse mesure de grâce : l'État fait des économies sur le vol Paris-Alger et attend de remettre le grappin dès fin août sur le jeune clandestin qui est désormais piégé, fiché et plus que jamais aux abois. Salem est provisoirement libre... la corde au cou. L'avocate conseillée par la CIMADE n'a plus le droit, s'excuse-t-elle, de le recevoir et lui conseille de garder ses précieux euros.

Pas vraiment de quoi se réjouir ni d'avoir la force de se battre encore avec et pour lui (tentative de régularisation, recherche d'un logement, d'un contrat de travail...)

De Charybde en Scilla...

dimanche 14 juin 2009

LETTRE A YOUSSEF

Très mauvaise nouvelle : le jeune Salem B*** s’est fait cueillir avant-hier par la police de Besson au cours d'un contrôle d'identité dans le métro parisien. Le voilà en centre de rétention à Roissy. Voici quatre ans que j’accompagne le jeune clandestin algérien ainsi que mon ami comédien qui est devenu son « papounet ». Je suis aux quatre cent coups ! C’est comme pour les accidents de voiture : on croit que ça n’arrive qu’aux autres. J’ai pu joindre immédiatement son avocate. Salem ne pourra pas être expulsé dans les prochaines 72 heures. Le jugement aura lieu le 18 juin. Evidemment, j’y serai. Si par malheur le Consulat donne un laisser-passer, c'est le charter-retour garanti... Au téléphone, Salem reste cool et un peu fataliste. Il tourne en rond. Que faire ? Dimanche matin, j'ai pu le joindre sur son portable : qu'il garde confiance, l'union fait la force ! Que peuvent les mots contre les maux ? Je mets pourtant en ligne ce texte qui a déjà paru sur mon blog (également sur le site du Monde) : WELCOME أهلا وسَهْلا! C’était le 4 avril dernier. Déjà à l’époque, je m’en souviens, j’étais tenaillé par un sombre pressentiment… Merci, ami(e) internaute, d’exprimer ici ton soutien ; et toute suggestion sera bienvenue.

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samedi 13 juin 2009

LE MANOIR DE MERVAL (2ème épisode)

Qui est l’étrange et séduisant Monsieur Karl ? Quels secrets cache-t-il dans son mystérieux château vosgien où abondent portes dérobées et instruments de supplice ? Pourquoi s’intéresse-t-il tant au jeune Alban, le chômeur un peu naïf mais déterminé qui vient d’entrer à son service ? José, le beau chauffeur ténébreux, deviendra-t-il son ami ou son plus implacable adversaire ? Et qui sont ces mystérieux visiteurs du Nord venant régulièrement dans d’énormes automobiles ? Quant à Manuel, le maître d’hôtel, pourquoi se montre-t-il si sournois alors que Maria, la cuisinière, maternelle et attentionnée, semble condamnée à garder le silence… Heureusement, il y a le brave Titus qui obéit au doigt et à l’œil ! Peut-être le doberman deviendra-t-il en ces lieux redoutables le seul allié d’Alban…

À partir du 6 juin 2009, chaque samedi je mets en ligne sur mon site littéraire
http://www.michel-bellin.fr/
à la rubrique « mon journal » un texte inédit « Le manoir de Merval » (© 2009-2010). Ce sera un roman échevelé aux allures de feuilleton ; un récit d’initiation sensuelle et de suspense psychologique à la fois moderne et un peu démodé. J’espère que je serai inspiré par les (més)aventures du jeune Alban - dont je n’ai rédigé à ce jour que les quatre premiers chapitres.

SI LE CŒUR T’EN DIT, AMI(E) INTERNAUTE. BIENVENUE À MERVAL !

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vendredi 12 juin 2009

HOU LA MENTEUSE !

Comme dirait Nadine Morano, qu’on y regarde à deux fois avant de me chercher des crosses sur Internet. Sinon, on envoie la Garde et le tour est joué ! Hou la menteuse ! Elle est amoureuse !
Et c’est vrai, cette dame l’est (amoureuse) et sa copine une fieffée menteuse, pire encore…

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jeudi 11 juin 2009

QUÊTE

J’ai surtout vécu de t’attendre
et le reste était poudre et cendre
Mais t’attendre est incorruptible…

Jean Grosjean (Chants de Balkis)

mercredi 10 juin 2009

DE CHARYBDE EN SCYLLA

S’il est notre plus fidèle ami, le corps parfois nous inflige quelque déconvenue aussi cuisante qu’humiliante. Pour preuve la mésaventure qui gâcha le début de mon dernier week-end. Je la narre ici en termes délicats pour ne pas heurter certains, assez légers pour en divertir d’autres.

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mardi 9 juin 2009

OBAMA INCH ALLAH !

À n’en pas douter, c’est un discours historique et fondateur. Ne boudons pas notre plaisir et notre fierté de savourer et de méditer ces mots qui scellent un nouveau départ. Même si , ici ou là, pour emporter l’adhésion, le Président se croit obligé de faire la danse du ventre devant toutes les religions de la planète !

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lundi 8 juin 2009

AVIS DE DÉCÈS

Non, il ne s’agit pas de la disparition du Président Bongo cette nuit. La perte est bien plus considérable. Ir-ré-pa-ra-ble. La nouvelle vient de tomber sur les téléscripteurs. Sèche. Aride.

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dimanche 7 juin 2009

MERE ET FILS

Elle était tout, pour lui. Sa mère (il avait un an quand son père est mort); mais aussi la femme dont il avait partagé l'existence pendant plus de soixante ans; et enfin, lorsqu'elle devint malade et qu'il la soigna, sa fille. À elle seule, une triade, un gynécée.

Pour l'auteur des Mythologies, la disparition, le 25 octobre 1977, d'Henriette Barthes, née Binger, à l'âge de 84 ans, fut un drame, doublé d'un traumatisme. Dès le lendemain, le fils éperdu, le veuf éploré («26 octobre: Première nuit de noces. Mais première nuit de deuil ?»), commence à dresser, sur des fiches, l'étendue de ce désastre intime. Ce sont les fragments d'un discours douloureux, le degré zéro du désespoir, la chambre claire de la nuit.

En cette fête des mères, dois-je envier Barthes, moi qui ne veux pas me souvenir de ma génitrice, n’ai conservé d’elle ni lettre ni portrait, aucune photographie affichée nulle part, moi qui lui garde vaguement rancune pour sa vie effacée et sa trop tendre influence sur ce fils prédestiné ?


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samedi 6 juin 2009

LE MANOIR DE MERVAL (1er épisode)

Qui est l’étrange et séduisant Monsieur Karl ? Quels secrets cache-t-il dans son mystérieux château vosgien où abondent portes dérobées et instruments de supplice ? Pourquoi s’intéresse-t-il tant au jeune Alban, le chômeur un peu naïf mais déterminé qui vient d’entrer à son service ? José, le beau chauffeur ténébreux, deviendra-t-il son ami ou son plus implacable adversaire ? Et qui sont ces mystérieux visiteurs du Nord venant régulièrement dans d’énormes automobiles ? Quant à Manuel, le maître d’hôtel, pourquoi se montre-t-il si sournois alors que Maria, la cuisinière, maternelle et attentionnée, semble condamnée à garder le silence… Heureusement, il y a le brave Titus qui obéit au doigt et à l’œil ! Peut-être le doberman deviendra-t-il en ces lieux redoutables le seul allié d’Alban…

À partir du 6 juin 2009, chaque samedi je mets en ligne sur mon site littéraire
http://www.michel-bellin.fr/
à la rubrique « mon journal »
un texte inédit « Le manoir de Merval » (© 2009-2010). Ce sera un roman échevelé aux allures de feuilleton ; un récit d’initiation sensuelle et de suspense psychologique à la fois moderne et un peu démodé. J’espère que je serai inspiré par les (més)aventures du jeune Alban - dont je n’ai rédigé à ce jour que les quatre premiers chapitres.

SI LE CŒUR T’EN DIT, AMI(E) INTERNAUTE. BIENVENUE À MERVAL !

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vendredi 5 juin 2009

TIC TAC TIC TAC TIC TAC… (suite)

Sensation de paix.
L'horloge du temps est arrêtée.
Ces secondes, ces minutes qui me fouaillaient pour me précipiter vers mes travaux, mes recherches, sont ce matin sans pouvoir sur moi.
Je goûte l'instant.
Je sens qu'il a plus à m'apprendre que l'accumulation de tous les suivants.

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jeudi 4 juin 2009

TIC TAC TIC TAC TIC TAC…

Avec le temps va tout s’en va…
Tic tac tic tac tic tac…
Une semaine de plus en moins
Une journée de plus en moins
Une heure de plus en moins
Tic tac tic tac tic tac…
Avec le temps va tout s’en va…
Tout va peut-être arriver…
Aujourd’hui ?
À la minute même !
Tout va peut-être se déglinguer…
dans mon cerveau ou dans mes viscères…
Demain ?
Dans la seconde qui suit !
Tic tac tic tac tic tac…
Tu vas peut-être revenir
Demain ?
Tout à l’heure ?
Peut-être jamais plus ?
Peut-être à jamais…

« … les minutes sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or. »

Envie ce matin de relire en urgence L’HORLOGE de Baudelaire,
l’une de mes fleurs vénéneuses préférées dans le bouquet de mes jours.

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mercredi 3 juin 2009

LA DÉLINQUANCE UTILE

Savoureuse et piquante coïncidence, je viens d’apprendre que Julien Coupat dans sa cellule, moi dans ma chambrette, tous deux libres dans notre tête quels que soient les mètres carrés qui nous enserrent et la rage impuissante qui nous tenaille, nous sommes en train de lire le même bouquin, si indispensable par les temps qui courent : « Surveiller et punir, naissance de la prison » de Michel Foucault.

(Rectification : Julien est sorti de taule jeudi dernier, ce n’est pas trop tôt, il pourra terminer la lecture du pavé dans une chaise longue, les orteils en éventail et un brin d’herbe au coin des lèvres !)

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mardi 2 juin 2009

À NOTRE TRÈS ÉMOUSTILLANT SOUVERAIN, TRÉSOR NATIONAL VIVANT

C'est parce que nous sommes nombreux à souffrir votre règne, Sire, que j'ai entrepris de le raconter depuis son aurore, afin qu'en demeurent les péripéties et, oserais-je le dire, une manière de trace. Dans un premier volume de cette chronique, j’ai évoqué Votre Grandiose Installation sur le trône encore chaud du roi Chirac et les six mois bouillonnants qui suivirent. J’y brossai, comme à la paille de fer, les figures les plus cinglantes qui formaient votre Cour et relatai la bousculade calculée des événements qui plongèrent un pays dans la stupeur, puis dans le stupide. Je redoute, Sire, de vous parler aussi ouvertement, mais ce Livre II va chanter une nouvelle chanson, puisqu'il s'ouvre sur les fissures qu'on aperçut bien vite craqueler la façade de votre bel édifice, et sur le réveil du populaire engourdi par vos tours et vos atours. La plume m'en tremble entre les doigts, mais Votre Compulsive Grandeur doit comprendre que, selon les lois de la nature et celles de la politique, la pluie succède au beau temps. Voici venue pour Votre Omnipotence la saison des orages.

Patrick Rambaud, Deuxième chronique du règne de Nicolas 1er, Grasset, 2009.

dimanche 31 mai 2009

LA VIE… TA VIE !

Un texte retrouvé dans mon journal intime (en 1976 !!!). J’ignore qui en est l’auteur. Aujourd’hui, j’ai modifié ici un mot, interverti là une phrase – purisme littéraire ! J’avais à l’époque noté en urgence ce passage, au milieu d’une forte bourrasque intérieure. C’était la veille de Pâques, j’étais jeune prêtre et juste avant l’office, j’avais griffonné : « Trouble intime. Plus envie d’aller bêler avec les pensionnés de la Rédemption. » À nouveau ces jours un passage à vide, que j’ai même confessé tout crûment sur le site du monde.fr (« Un vague sentiment de dégoût »). Des internautes m’ont réconforté, je me suis ressaisi, je me suis rappelé la phrase fondatrice du cher Rilke : « Vivre est difficile, il faut s’y tenir. » Même s’ « il ne faut jamais dire “ il faut ” » – dixit l’Ami au loin, meilleur philosophe que moi – en ce dimanche matin je pèche par volontarisme et affirme avec mon auteur-masseur inconnu : « la vie est ton devoir, accomplis-le ! »

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