dimanche 7 juin 2009
MERE ET FILS
Par Michel Bellin, dimanche 7 juin 2009 à 07:51 :: General
Elle était tout, pour lui. Sa mère (il avait un an quand son père est mort); mais aussi la femme dont il avait partagé l'existence pendant plus de soixante ans; et enfin, lorsqu'elle devint malade et qu'il la soigna, sa fille. À elle seule, une triade, un gynécée.
Pour l'auteur des Mythologies, la disparition, le 25 octobre 1977, d'Henriette Barthes, née Binger, à l'âge de 84 ans, fut un drame, doublé d'un traumatisme. Dès le lendemain, le fils éperdu, le veuf éploré («26 octobre: Première nuit de noces. Mais première nuit de deuil ?»), commence à dresser, sur des fiches, l'étendue de ce désastre intime. Ce sont les fragments d'un discours douloureux, le degré zéro du désespoir, la chambre claire de la nuit.
En cette fête des mères, dois-je envier Barthes, moi qui ne veux pas me souvenir de ma génitrice, n’ai conservé d’elle ni lettre ni portrait, aucune photographie affichée nulle part, moi qui lui garde vaguement rancune pour sa vie effacée et sa trop tendre influence sur ce fils prédestiné ?
Pour l'auteur des Mythologies, la disparition, le 25 octobre 1977, d'Henriette Barthes, née Binger, à l'âge de 84 ans, fut un drame, doublé d'un traumatisme. Dès le lendemain, le fils éperdu, le veuf éploré («26 octobre: Première nuit de noces. Mais première nuit de deuil ?»), commence à dresser, sur des fiches, l'étendue de ce désastre intime. Ce sont les fragments d'un discours douloureux, le degré zéro du désespoir, la chambre claire de la nuit.
En cette fête des mères, dois-je envier Barthes, moi qui ne veux pas me souvenir de ma génitrice, n’ai conservé d’elle ni lettre ni portrait, aucune photographie affichée nulle part, moi qui lui garde vaguement rancune pour sa vie effacée et sa trop tendre influence sur ce fils prédestiné ?