Il serait bon que mon mental lâche du lest et, de désir en projet, de regret en résolution, de supputations en pseudo certitudes, cesse son éternel vagabondage. Savourer l’instant… désamorcer la nostalgie dès qu’elle s’insinue… briser le futur dès qu’il s’échafaude en d’improbables châteaux en Espagne. Mais le projet volatil n’est-il pas en lui-même une jouissance suffisante ? Musarder en ses songes le soir quand le sommeil tarde à venir… Agilité de l’imaginaire quand le corps est las ou prostré, n’aspire surtout pas au voyage, juste au repos bienfaisant. Jouir… désirer… me projeter… m’évader…tant mon âme est insatiable et avide, tant chacun d’entre nous est un prématuré malhabile à vivre et dévoré de rêves !

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