Chaque été, ou presque, le problème est récurrent et la rumeur – justifiée ou non – enfle, se répand, alarme les gastronomes : les huîtres du bassin d’Arcachon ne sont pas consommables. L’Etat s’émeut et prohibe la vente. C’est ce qu’on appelle « le principe de précaution » qui a l’avantage principal de couvrir Messieurs les Bureaucrates parisiens au cas où… Certains amateurs de mollusques obtempèrent, d’autres passent outre. Ma maman, il y a fort longtemps, alors qu’on ne mangeait des huîtres qu’une fois par an (au réveillon de Noël) – c’était un mets pour riches et gens distingués mais, ce soir-là, chaque prolo avait bien le droit de rêver à la promotion sociale puisque venait de naître le Rédempteur et aussi de faire semblant d’apprécier ces étranges bébêtes bivalves au sexe indéterminé – bref, ma maman disait d’un ton sentencieux : « On ne doit manger des huîtres que durant les mois en « R » ». Donc, pour août, c’est râpé !
Peu m’importe en fait, moi qui les adore en toutes saisons, tel n’est pas mon propos. Retour à la littérature – qu’on peut consommer toute l’année, été comme hiver et même durant les années bissextiles. Connais-tu, cher internaute, Mary Frances Kennedy Fisher (1908-1992) ? On a dit d’elle que c’était « la plus grande styliste de la langue anglaise ». Je veux bien le croire, surtout dans cette belle traduction de Jacqueline Henry et Béatrice Vierne.

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