mercredi 13 août 2008
LA REINE DE SABA
Par Michel Bellin, mercredi 13 août 2008 à 08:07 :: General
Mieux vaut tard que jamais, me voici plongé dans Flaubert et dans sa « Tentation de saint Antoine ». Je découvre le chef d’œuvre dans une vieille édition du siècle dernier : le papier est épais, les caractères confortables et fort séduisantes les illustrations de Pierre Girieud. Le livre reste ouvert sur le lit (désormais trop grand depuis son départ !) et dès que survient l’insomnie, je me plonge dans les affres fort colorées du pieux ermite. C’est foisonnant, délirant, quasi fellinien. Forcément dès qu’il s’agit de tentation et de ses fascinants sortilèges ! Quant à la langue, elle est évidemment superbe, riche, colorée, avec des mots exotiques extravagants. (Evidemment celui qui répugne à ouvrir un dictionnaire n’a qu’à aller voir chez Marc Levy si j’y suis !). Taper un tel texte n’est pas une corvée mais un plaisir : le son de ma voix fait avec le cliquetis du clavier un plaisant concertino et, sur cette musique, elle s’avance, elle danse, l’éternelle femelle sensuelle et rouée ! Il faut lire un tel texte à mi-voix, le susurrer, et non le passer au tamis d’un déchiffrage cérébral. Sensualité et plaisir sont à ce prix. Car les mots sont musique et sortilège.
Voici donc l’apparition du jour : mi Cléopâtre mi Lolita, la donzelle m’a fait une forte impression. Comme sa voix est languide et perfide ! Oh ! si tu voulais, si tu voulais !… Nous dormirions sur des duvets plus mous que des nuées, nous boirions des boissons froides dans des écorces de fruits et nous regarderions le soleil à travers des émeraudes ! Viens !… Pauvre Antoine ! Va-t-il résister ? Je ne peux que lui conseiller de déguerpir et d’abandonner pour une fois mon axiome préféré : « Dépêchez-vous de céder à la tentation de peur qu’elle ne s’éloigne ! » mais chut, voici la Séductrice qui avance juchée sur sa monture…
Voici donc l’apparition du jour : mi Cléopâtre mi Lolita, la donzelle m’a fait une forte impression. Comme sa voix est languide et perfide ! Oh ! si tu voulais, si tu voulais !… Nous dormirions sur des duvets plus mous que des nuées, nous boirions des boissons froides dans des écorces de fruits et nous regarderions le soleil à travers des émeraudes ! Viens !… Pauvre Antoine ! Va-t-il résister ? Je ne peux que lui conseiller de déguerpir et d’abandonner pour une fois mon axiome préféré : « Dépêchez-vous de céder à la tentation de peur qu’elle ne s’éloigne ! » mais chut, voici la Séductrice qui avance juchée sur sa monture…