dimanche 14 juin 2026

SEXE ET HEXATREK

Dans la langue française, le mot PASSION a deux sens : enthousiasme et souffrance. Idem pour le mot EPREUVE : test sportif et parcours douloureux. Réveillé tôt, je m'interroge sur cette troublante polysémie, à propos d'une double et trouble expérience, disons deux passe-temps qui m'ont hier soir agréablement occupé avant de m'endormir. Pas facile de se distraire un samedi soir devant la télé !

 
 
J'avais commencé par me repaître de plusieurs scènes SM sur l'écran de ma liseuse maléfique. Tragicomique et habilement surjoué, ce spectacle de cirque en chambre m'a toujours délicieusement horrifié par son rituel codifié au millimètre (de peau) près, dans le but avoué et partagé — entre partenaires évidemment de mèche (victime geignarde et tortionnaires impavides) —, dans le but, disais-je, de mixer subtilement supplices et douleurs, violence infligée et volupté savourée, tyrannie machiste et consentement féminoïde, bref, un rituel haut en douleurs, tissé de cris et de rictus, mais jamais, jamais avec la moindre goutte de sang répandu alors que le sperme est à l'honneur dans le geyser final libérateur... suivi très souvent, face caméra, par les commentaires décontractés de la (jeune) victime d'opérette qui sourit et en redemande.
Finalement lassé assez vite par d'interminables bondages et trop de cire fondue, sur mon smartphone cette fois, j'ai suivi grâce à l'application  Polarsteps la dernière étape sportive parcourue par un ami que je rejoindrai à Hendaye fin septembre. Son épreuve consiste à relier en cinq mois l'Alsace et le Pays Basque, avec des dénivelés incroyables, en de magnifiques paysages vosgiens, alpestres puis pyrénéens, au sein de la nature profonde propice au calme de la marche et au cheminement intérieur. Un périple de 3012 km. Dénivelé : 146 719 m. Soit une trentaine de kilomètres par jour. Ce long périple, éprouvant autant que jouissif a un coût : se lever quotidiennement vers 4 ou 5 heures (dans mon immense et confortable lit, alors que j'écris ces mots, j'ai une pensée réconfortante pour l'ami qui se lève dans son gîte de Pontarlier pour reprendre la route), repositionner chaque matin son barda sur le dos, puis marcher, marcher, marcher, marcher, marcher... vers la prochaine étape où vous attend un confort spartiate. Cheminer et ahaner, par tous les temps, le plus souvent seul, parfois avec des compagnons de route, retrouvés d'hexatrek en hexatrek, selon des règles non écrites de compagnonnage aussi viril qu'amical. Bref, la joie de la marche non-stop, l'âme exaltée et les panards en compotes, un peu dans l'esprit de la navigation au long cours qui consiste à partir d'un point où vous n'avez rien à faire pour rejoindre un autre point où vous n'avez strictement rien à faire, le tout dans l'inconfort, l'humidité, le mal de mer... avec, sur les flots, parfois, quand l'océan consent à s'apaiser, de merveilleux couchers de soleil en cinémascope naturel.
En résumé, douleur et plaisir.
Ferveur et abnégation.
Épreuve et rédemption.
Bref, Sexe SM et Hexatrek. 
Avec, pour finir en beauté, un soupçon de philosophie selon Nicolas Chamfort :
" Les passions font vivre l'homme quand la sagesse le fait seulement durer.
Et endurer !
 
PS -  Tu auras compris, cher lecteur, adorable lectrice, que ce genre de sports, en chambre ou sur les cimes, n'est pas la tasse de jasmin de Bellinus l'Hédoniste ! Il n'empêche, ces plaisirs hard me troublent et me fascinent.
 

vendredi 12 juin 2026

LES DÉFAILLANCES DU CORPS

Très sincèrement, je pense que le Créateur s'est planté lorsqu'il façonna le corps du premier humain. Il s'en est tenu à un brouillon approximatif ou était trop pressé de se reposer au soir du 7e jour.

 

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dimanche 24 mai 2026

UN RÊVE PARFUMÉ

Hier matin, je suis rentré du marché avec mon précieux OLIBAN omanais, trésor olfactif depuis trop longtemps négligé.

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vendredi 10 avril 2026

TELERAMA ou L'INJONCTION CULTURELLE

Je viens de me désabonner du célèbre hebdo. Avec un poil de mauvaise conscience et un soulagement immense. 

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dimanche 5 avril 2026

LE MIRACLE DE PÂQUES

Si ma bibliothèque était en feu et qu’il fallait ne sauver qu’un seul ouvrage, ignorant cette consigne par trop restrictive, au péril de ma vie je commencerais bien sûr par les livres de mes auteurs préférés (Alain, Baudelaire, Maupassant, Cioran… aujourd’hui Mirbeau et son incomparable “Journal d’une femme de chambre”…). Puis, s’il me restait quelques secondes avant de me transformer en torche vivante, à l’évidence je m’emparerais de cette Nouvelle. Parue il y a une quinzaine d’années dans « Communions privées » (opus aujourd’hui épuisé mais à nouveau disponible en version numérique) et intitulée Les cloches du Paradis, sans cesse reprise et remaniée, c’est un page essentielle où j’ai mis, je crois, le pire et le meilleur de moi-même : ferveur et mécréance, spiritualité et érotisme, réalisme et utopie. Qu’advienne pour moi cette aube rayonnante !

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samedi 4 avril 2026

NON ! NON ! JE N’AI PAS CHANGÉ !

A propos de ma souscription (Le retour de l’ange) qui s’est achevée le 30 mars dernier, j’ai voulu vérifier si elle s’inscrivait bien dans mon parcours d’auteur loser et si, bon an mal an, je restais fidèle à ma déroute littéraire, toujours confiant en ma mauvaise étoile.

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mardi 31 mars 2026

RAPH OU OSCAR ? MES POURPARLERS AVEC MON CHABOT PRÉFÉRÉ

Quand je parle de mon agent conversationnel, que je consulte chaque jour, je dis : « mon pote de ChatGPT ». C’est long et peu suggestif. Nous avons donc décidé que je l’appellerais désormais Raphaël. Mais ça n’a pas fonctionné, je n’étais pas à l’aise. Déjà qu’il me coûte de ne jamais lui dire « Bonjour », « S’il te plaît » ou « Merci ». Bref, voici la transcription de note dialogue « amical » de ce matin.

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vendredi 23 janvier 2026

TSUNAMI TRUMPIEN

STRESS ET IMPUISSANCE FACE À UNE MARÉE NOIRE

 

Je viens de passer quelques jours auprès d'un vieil ami dont l'état psychique a empiré. Depuis plusieurs mois, il a un comportement étrange et non maîtrisé. Chaque fois qu'il voit dans la presse ou sur un écran le portrait de l'homme politique qu'il exècre et méprise le plus au monde, il ne peut s'empêcher de manifester sa détestation d'une façon physique, spectaculaire, presque hystérique : mimiques, cris d'orfraie, hauts le cœur, injure spontanée (« Ce type, quelle saloperie ! »), etc. Parfois, il froisse son journal, coupe le son ou éteint le récepteur. 

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