mardi 29 septembre 2026

DILEMME

C'est un dilemme archi classique qui hante tous les romans de gare, surtout les romances arc-en-ciel : nous éloigner une fois pour toutes ou bien continuer de nous aimer vaille que vaille et à la sauvette ? Car notre relation, qui dure depuis bientôt cinq ans est passionnante mais complexe. Et passionnelle ! ce qui rend les choses ardues et souvent obscures.

 

 
 
Vingt-cinq ans nous séparent. C'est dit.  Mais surtout, plus que l'âge, le pedigree sexuel de chacun qui aimante et en même temps fracture : car l'un est résolument gay, assumé, libre et toujours aussi vaillant à soixante-dix neuf ans qu'à vingt-ans, ayant déclaré une fois pour toutes avoir l'âge de sa libido et de son cœur, pas celui de ses artères. Il n'en va pas de même pour le jeunot, quarantenaire tout de même mais là n'est pas le fatidique écart. Lui n'est pas libre : marié et bisexuel par-dessus le marché ! Pourtant, nous nous aimons assidûment et violemment depuis bientôt quatre ans. Mais toujours de manière clandestine, à la sauvette, chez l'aîné, exclusivement entre quatre murs. Car mon amant a de moins en moins le temps. Toujours plus d'occupations, des kilomètres à avaler, des stationnements problématiques, d'autres priorités (devenir cadre !), de moins en moins de disponibilités quand les RTT se font rares alors que Madame a des horaires de plus en plus fantasques. Donc, tout doit rester rare, fractionné, compartimenté. Tout se passe dans deux antres secrets : le vaste lit de l'aîné et nos courriels enflammés.
 
Ce qui est le plus cuisant, peut-être excitant ?, c'est cette éternelle pénombre qui nous enveloppe, le sacro-saint non-dit, et aussi cette puissante "sapiosexualité" qui fait de la résistance et jette de l'huile sur nos corps embrasés. Du coup, Eros en devient autrement irrésistible mais de plus en plus ratiocineur et de moins en moins disponible corporellement alors que fanent les mots dans l'alcôve interdite... Mais jamais de clarté entre nous. Jamais d'évidence. Encore moins de priorité. "C'est encor raté... Pas le temps cette fois. Sorry, mon papou d'amour ! " Et l'autre de répondre, stoïque et pseudo philosophe : " Pas grave, bébé. La priorité, c'est ta sécurité. Moi, j'ai tout mon temps. Un seul jour a la fois..." Sauf que le Sexe n'attend pas quand le Temps le muselle !
 
En juillet 2025, nous avions prévu de fêter nos Noces de cire.  Bien que nous ne formions pas un couple avéré. C'eût été juste pour le fun. Et aussi le côté un brin sacrilège qui pimente et alimente notre relation : nous copulâmes la toute première fois, le jour de la fête nationale américaine et le jour anniversaire de la naissance de l'aîné. Mais si la cire est brûlante sur la jeune peau offerte, elle devient friable et fragile quand s'éternisent les jours d'abstinence forcée et de liaison honteuse...
 
Je viens d'écrire un poème pour Marcus Maximus. (Notre relation doit tellement rester secrète, selon lui, que j'ai dû bricoler sur mesure ce prénom aussi pompeux qu'antique !). Le lira-t-il ? Assurément car ma prose l'enflamme comme de l'étoupe, bien plus que mes baisers. Lui enverrai-je ce texte à l'aube, d'un ultime clic désespéré ? Puisque les mots disent vrai, qu'ils scellent le Temps et la Honte séparant à jamais les amants interdits ? Pas sûr. Non, pas du tout certain que j'envoie ce courriel à mon chéri d'amour, car je l'ai dans la peau : dans ce foutu dilemme que tous deux nous prolongerions, c'est encore "aime" qui palpite, non ?! Mais pour combien de temps...
 
"... L'amour de loin, ça n'existe pas.
Faux pas.
L'amour de loin, si bon et si bidon !
Chanson.
L'amour entre parenthèses, foutaise.
Alors, face au Sexe despote,
seul l'Amour trépas ?
Faux pas, Marcus.
FAUT PLUS.
Mais toi, éternel mutique, toi, qu'en dis-tu ? "
 
P-S Je peaufine ce texte au début de l'automne. Après les Noces de Cire éclipsées l'an passé, nos Noces de Bois n'ont pu avoir lieu l'été dernier. J'avais pensé naïvement que nous pourrions sortir de l'ambiguïté. Mais, paraît-il, on ne sort de l'amboiguïté qu'à ses dépens. Fin de non recevoir du jeune amant. Cruelle et définive séparation. Comme je l'ai écrit à Maximus, avec une ironie désolée : "Bêtas que nous fûmes !  Avec les maxi feux et les incendues à répétition de l'été 2026, nous aurions bien dû anticiper que nos Noces de bois allaient partir en fumée..."
 

mardi 16 juin 2026

À PROPOS DE GRAAL ET DE TEMPS GASPILLÉ

Au réveil, sur deux sujets qui, ces temps, me préoccupent voire m'agacent, je forge ces deux principes de vie qui m'aideront, je pense, puisque philosopher, c'est penser mieux pour vivre mieux.

Lire la suite

dimanche 14 juin 2026

SEXE ET HEXATREK

Dans la langue française, le mot PASSION a deux sens : enthousiasme et souffrance. Idem pour le mot EPREUVE : test sportif et parcours douloureux. Réveillé tôt, je m'interroge sur cette troublante polysémie, à propos d'une double et trouble expérience, disons deux passe-temps qui m'ont hier soir agréablement occupé avant de m'endormir. Pas facile de se distraire un samedi soir devant la télé !

Lire la suite

vendredi 12 juin 2026

LES DÉFAILLANCES DU CORPS

Très sincèrement, je pense que le Créateur s'est planté lorsqu'il façonna le corps du premier humain. Il s'en est tenu à un brouillon approximatif ou était trop pressé de se reposer au soir du 7e jour.

 

Lire la suite

dimanche 24 mai 2026

UN RÊVE PARFUMÉ

Hier matin, je suis rentré du marché avec mon précieux OLIBAN omanais, trésor olfactif depuis trop longtemps négligé.

Lire la suite

vendredi 10 avril 2026

TELERAMA ou L'INJONCTION CULTURELLE

Je viens de me désabonner du célèbre hebdo. Avec un poil de mauvaise conscience et un soulagement immense. 

Lire la suite

dimanche 5 avril 2026

LE MIRACLE DE PÂQUES

Si ma bibliothèque était en feu et qu’il fallait ne sauver qu’un seul ouvrage, ignorant cette consigne par trop restrictive, au péril de ma vie je commencerais bien sûr par les livres de mes auteurs préférés (Alain, Baudelaire, Maupassant, Cioran… aujourd’hui Mirbeau et son incomparable “Journal d’une femme de chambre”…). Puis, s’il me restait quelques secondes avant de me transformer en torche vivante, à l’évidence je m’emparerais de cette Nouvelle. Parue il y a une quinzaine d’années dans « Communions privées » (opus aujourd’hui épuisé mais à nouveau disponible en version numérique) et intitulée Les cloches du Paradis, sans cesse reprise et remaniée, c’est un page essentielle où j’ai mis, je crois, le pire et le meilleur de moi-même : ferveur et mécréance, spiritualité et érotisme, réalisme et utopie. Qu’advienne pour moi cette aube rayonnante !

Lire la suite

samedi 4 avril 2026

NON ! NON ! JE N’AI PAS CHANGÉ !

A propos de ma souscription (Le retour de l’ange) qui s’est achevée le 30 mars dernier, j’ai voulu vérifier si elle s’inscrivait bien dans mon parcours d’auteur loser et si, bon an mal an, je restais fidèle à ma déroute littéraire, toujours confiant en ma mauvaise étoile.

Lire la suite

- page 1 de 151