Pour incarner la France, il faut un corps, une stature, une aura. Or, le corps ne ment pas, ni les yeux, ni la bouche, ni la voix, ni les mimiques, ni la taille, ni le port ni la marche ni le geste. " Aucun mortel ne peut garder un secret, disait Freud, si les lèvres restent silencieuses, ce sont les doigts qui parlent. " Les promesses électorales passent, lassent, cassent, trépassent… le corps-président s’incruste, l’emblème quinquennal demeure. Hauteur gaullienne, rondeur pompidolienne, minceur giscardienne… les Français firent avec ! Peut-être un jour prochain, par le verdict des urnes, la grâce royale ? Même par défaut, même au bénéfice du doute, même sous réserve d’inventaire, selon le sage principe de précaution (morphopsychologique), en ce qui me concerne, me touche et me séduit, j’ai fait mon choix : les lèvres de l’ingénue madone plutôt que le rictus du vorace Iznogoud ! Car le corps ne ment pas, ne biaise ni ne camoufle, le naturel chassé rapplique au galop et rattrape le nabot. Ce « Bonaparte apocryphe » - comme l’appelait Victor Hugo - peut bien proclamer urbi et orbi qu’il a changé, change et encore changera tout en invoquant les mânes de nos nobles ancêtres, il pourra bien enjoliver ses yeux, velouter son sourire, tempérer sa voix, réfréner ses spasmes, en fait il ne peut rien, il n’y peut mais, c’est injuste, je sais, irrationnel, primaire, autant que vous voudrez, mais « c’est » : il faut un corps, une stature, une aura pour incarner ma France.

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