Le journal d’Uzbek

Un vieux Persan découvre avec stupeur et bonne humeur certains us et coutumes

24 avril 2022 Ce jour-là, Uzbek fut happé par Gaudi et sa Sagrada Familia. Jusqu’au documentaire de Marc Jampolsky diffusé sur Arte la veille de Pâques, il n’en connaissait pour ainsi dire rien, si ce n’est son mythique inachèvement depuis 1882. D’emblée, ce destin minéral fascina notre Persan. Jamais il n’aurait imaginé une telle inventivité, un tel foisonnement vertigineux : voûtes hyperboloïdes, arcs à chaînette, absence de contreforts, dialogue des mosaïques avec les céramiques, étourdissantes colonnes inclinées, innombrables moules en plâtre, ancêtres de la 3D, les trois modernes portes d’airain chamarrées de feuillages… et jusqu’à l’impact de la violence urbaine qui avait transformé l’hymne à la nature catalane en universel Temple expiatoire. Or, pour expier, il faut du temps, de la sueur, des larmes. Et aussi des successeurs, mis au défi de comprendre et de poursuivre la pensée architecturale du bâtisseur. Et Uzbek, ému et ébloui devant une si géniale épopée, se dit que l’art sauve le monde.