Le journal d’Uzbek

Un vieux Persan découvre avec stupeur et bonne humeur certains us et coutumes

19 avril 2020 Ce jour-là, Uzbek tira quelques conclusions provisoires. Après son plaisir matinal, il se sent dispo, heureux, le cerveau délié. Que de mystères encore à explorer ! Oui, un roman de 1000 pages ou une encyclopédie à peine suffirait à propos de ce fourre-tout corporel qui, à sept heures, se décide à émerger de son plaisir humide pour inexorablement se mettre en mouvement. Lassante banalité. Insondable mystère. Immense gratitude. Évidence : une nouvelle journée. Certitude : un jour de plus en moins ! Également pour les milliards d'autres sacs de peau qui, sitôt vêtus, obstinément, confusément, instinctivement, sur la surface de notre planète bleue s'en vont chaque matin au turbin sans jamais savoir ni pourquoi ni comment ! Foule innombrable de chrysalides à deux pattes... Qu’importe ! L’heure n’est plus aux rêves ni aux élucubrations puisque un ultimatum vient d’être signifié au paresseux au moyen d’une odieuse stridulation. Et Uzbek de se dire : « Courage ! cher petit sac. Avanti ! Il faut tenter de vivre... Merci à ma vieille peau ! »


On pourra prolonger le billet avec cette profession de foi matérialiste et hédoniste consacrée au CORPS INTENSE : https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/le-corps-intense