Le journal d’Uzbek

Un vieux Persan découvre avec stupeur et bonne humeur certains us et coutumes

18 avril 2020

Ce jour-là, Uzbek explora les derniers orifices corporels. Retour aux deux capteurs latéraux qui, en l’absence de stores, recueillent et distillent ingénieusement un autre air sonore appelé musique. Par les fissures et les blessures, les ondes s’infiltrent jusqu’au tréfonds du sac de peau, que les Poètes dénomment âme. De bon matin, cette quadriphonie (parfois gâchée par des ogresses wagnériennes) procure à notre Persan un plaisir fantastique. Deux autres orifices jumeaux, plus bas, éveillent une volupté spécifique, plus ou moins maîtrisée, plus ou moins délicate hélas ! car de putrides déchets se mêlent scandaleusement aux délicieux frissons. Avec l’absence de paupières aux oreilles, un autre défaut de fabrication qui devrait faire rougir de confusion Pouet-Pouet, le pseudo Créateur ! Mais Uzbek, non rancunier et toujours pas pressé de se lever (privilège de retraité), se mit à se caresser, non plus pour explorer, mais pour se réjouir et jouir de sa matinale oraison jaculatoire.

(À suivre)