Le journal d’Uzbek

Un vieux Persan découvre avec stupeur et bonne humeur certains us et coutumes

16 avril 2020

Ce jour-là, Uzbek continua d’examiner sa peau percée d’orifices. Apparemment, ils permettent de communiquer avec l’extérieur. Le plus indispensable d'entre eux sert à absorber de la vie sous forme d’air impalpable. Souffle essentiel ! D’autres orifices favorisent l’évacuation de quelques déchets, surtout de bon matin. Passons. Situés de chaque côté d’un ordinateur central sis en une gangue ovoïde, deux orifices, permettent d’écouter la rumeur du monde et le babil d’autres sacs de peau en mouvement appelés bipèdes. Défaut de ces orifices latéraux : à l’inverse des yeux, que les Poètes — espèce supérieure de bipèdes, malheureusement sans pouvoirs et souvent persécutés — nomment « miroirs de l’âme », les micros auriculaires, eux, ne sont pas équipés de volets roulants. Ils absorbent donc TOUT, sans discernement : le vacarme de la vie et un flot d’inepties dénommé conversation. Et Uzbek, saisissant la télécommande et palpant ses esgourdes, découvrit une autre facette du miracle sonore.

(À suivre LUNDI)