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Le Blog Officiel de Michel Bellin

jeudi 28 septembre 2006

UN BRULOT A FRAGMENTATION

Aujourdui, jeudi 28 septembre 2006, paraît enfin mon nouveau livre qui clôt un cycle (1996-2006) : IMPOTENS DEUS sous-titré "De l'angélisme chétien à l'homophobie vaticane" aux Ed. ALNA atlantique. Vingt petits chapitres comme autant de mitrailles. Je me sens heureux, tout excité, épuisé aussi... et surtout soulagé comme un terroriste qui s'écrie : MISSION ACCOMPLIE !

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lundi 25 septembre 2006

VIVE LA SORTIE !

Ces jours, l'automne s'installe.
Saison plus douce après la canicule de juillet et les frimas du mois d’août. Saison davantage pleine après les éternels et futiles marronniers entretenus l’été dernier par les médias paresseux (les bouchons sur les autoroutes, les huîtres polluées, les sommets politiques - à La Rochelle ou ailleurs - également assez saumâtres, etc. )
Septembre donc...un mois plus avenant ? Plus dense ? Plus prometteur ? Plutôt une saison impérieuse et manipulatrice, partout slogans et injonctions qui tonitruent : la rentrée, la rentrée, réussir sa rentrée ! Sous-entendu : sois performant, organise tes achats, réussis ta consommation, dévore le bouquin "incontournable"... Bref, reprends ton train-train… avant qu’il ne déraille !
Mon humour s’aiguise : rentrer sagement, en rangs, en apnée, mais encore faut-il pouvoir s’en sortir ! « Voulez-vous couper l’alarme ? » affiche parfois le portable scandant réveils et rendez-vous. Comment, à certaines heures, ne pas dire « pouce ! », entrevoir déjà un répit, ne pas en rêver ? Mais le jour où tu dis c’est assez, déjà tu es un homme mort, n’est-ce pas ? Continuer donc, cahin-caha, tout en rêvant, mais pas en une songerie sentimentale un peu niaise ; entrevoir plutôt une sorte d’utopie et la saisir à bras le corps. Au sens pur et fort de l’utopie, incarnation de l’indicible et de l’impossible dans le concret et au quotidien. Avec énergie, une sorte de rage, voire de férocité, et en même temps une douceur qui n’a rien à voir avec cette candeur mêlée de nostalgie sirupeuse et d’espoirs irréalistes. L’UTOPIE telle que l’a figurée Thomas More : non pas faite pour durer, mais pour passionner ! Une réponse de la mélancolie à la mélancolie même. Un éclat de rire sans cynisme, plutôt un sourire entendu, un courage à (sur)vivre sans donquichottisme, un affranchissement de la raison ratiocineuse et des dictats des dieux tyrans (Pouvoir, Fric, Sexe, Marché, Technologie…) pour simplement et prioritairement faire émerger l’Instant, la poésie du quotidien, le miracle d’une vraie rencontre avec autrui, avec l’Autre, celle ou celui qu’on a un jour élu – même si cette rencontre, cette embellie, n’est pas éternelle et 100% rassasiante comme on l’a cru – oui, l’oasis de la tendresse dans ce désert de vacuité et d’incommunicabilité technologiques… A chacun son utopie et sa marge de manœuvres !
L’avenir, quelle que soit l’angoisse personnelle et collective qui nous prend à la gorge, reste donc ouvert puisque vivre, c’est se projeter dans l’avenir. Non pas avec la rigidité des certitudes ou la frénésie de consommation, mais avec la fluidité accommodante de ceux qui ont ressenti la fragilité d’être, la douce patience de ceux qui ont enduré, combattu pas à pas pour dissiper leurs ténèbres intérieures et la violence subie. Sans esprit de revanche ni boulimie compensatrice, mais avec dorénavant une souriante ironie, hors dogme, hors stratégie, hors paradis messianique faisant rimer Ségo avec Sarko (mais 100 gentes dames d'Aquitaine plutôt qu’un seul «bacille de Sarkozy » qui nous menace et tel que je le stigmatise d’un coup de plume rageur dans une page d'IMPOTENS DEUS).
Je fais ici une parenthèse : partout on lit et on entend, les "Français" disent… les "Français" pensent… les "Français" plébiscitent… Quels Français ? Je ne me sens JAMAIS ce Français-là, parmi eux, du même avis qu'eux. Dieu merci, je ne donne jamais mon avis ni ne suis sondé. Alors qui sont-ils ces "Français" ? Existent-ils vraiment ? Ne sont-ils pas des ectoplasmes médiatiques occupant les sondeurs et titillant les politiques ? Si oui, si c’est cela la pensée dominante unique, je la vomis et je n’ai plus qu’une envie : ne plus être Français ! Fin de la parenthèse. Je me calme, je respire un bon coup. Je reprends : oui, écrivais-je, simplement « aller son chemin » en tentant de ne plus être assourdi par la connerie franco-français (aïe, ça me repend), en pratiquant la décroissance, en sabotant la relance de la consommation libérale (nique et nunc !), en faisant d’urgence une cure de désintoxication médiatique. Retour à SOI et à sa manière de (sur)vivre pour être cohérent et rester libre. Accepter de vivre d’abord avec soi-même comme meilleur compagnon. Avec les autres aussi comme possibles partenaires. Pas la masse, juste une poignée de « fidèles », ceux qu’on compte sur les dix doigts de la main… disons cinq peut-être. Parvenir, sinon à la sérénité, du moins à l’apaisement. Au lâcher-prise. A l’humour consolateur. A la patience aussi : un jour…
un seul jour à la fois,
juste aujourd’hui.
J'affectionne la métaphore de l’eau, non pas le fleuve majestueux ou l’océan tumultueux, mais plutôt la nappe phréatique, ce trésor souterrain et invisible, imperceptible et indestructible : la vie, quoi ! Celle que seuls les poètes visionnaires entrevoient sur la berge du 8ème jour évoqué par Charles Bobin : « aucune illusoire maîtrise ne peut détourner le cours de l’insouciant ruisseau qui va en nous et ne sait où il va, accédant à des instincts en friche, bouleversant des terres sans âge, dont le soulèvement se confond alors avec la douleur qui nous en vient, insupportable, radieuse. » C’est alors que l’automne bourgeonne… Bonne rentrée à chacune et à chacun…
et vivement qu’on en sorte, de cette putain de rentrée !

mardi 12 septembre 2006

THE SINGING NUN

Mardi 12 septembre 2006

Le Net permet vraiment des rencontres inattendues. Une ou deux clics, quelques liens et un visage apparaît soudain, un parcours, une voix… une présence enfouie dans la mémoire et soudain tiède, offerte, à portée de l’index impatient.

Cette nuit, j’ai retrouvé le destin tragique de celle qu’on appelait Sœur Sourire (prénom qu’elle trouvait elle-même ridicule mais qu’un panel d’auditeurs avait choisi. Le show-biz déjà…). C’était dans les années soixante, sa chanson « Dominique » fut 1ère au hit parade en Belgique et ailleurs, et même aux Etats-Unis où elle détrôna Elvis Presley ! J’étais bien jeune à l’époque et, si la fraîcheur de sa voix me séduisait, je trouvais l’antienne un peu niaise (dans les années 60, le verbe « niquer » n’existait pas et aujourd’hui cette chansonnette retrouve un peu de mordant, plus bonbon acidulé que guimauve, n’est-ce pas ?). Malgré son succès, Jeanine Deckers (puisque c’était son nom) restait une jeune femme timide et docile dans son couvent de Fichermont. Simple et souriante, pauvre aussi puisqu’elle en avait fait le vœu et que seules sa communauté et la maison de disques se partageaient le pactole. Mais la musique souvent donne des ailes, besoin d’envol, d’air pur, de lumière… de liberté ! Sœur Sourire sauta par-dessus la clôture en emportant sa guitare et réalisa son rêve de femme : aimer librement Florence qui était thérapeute d’enfants autistes.

Puis elle tenta une seconde carrière artistique sous le nom de Luc Dominique, avec des chansons plus engagées, notamment « La pilule d’or » qui est une ode à la contraception combattue par le Vatican au profit du seul… thermomètre. Un beau scandale mais peu d’audience hélas. Les années passaient, le bonheur entre les deux femmes était toujours au rendez-vous (sur le Net, des images jaunies et émouvantes : elles pique-niquent sur une plage de la Mer du Nord). Le Diable finit par s’en mêler, comme souvent. Le fisc voulut rattraper et saigner la nonnette trop naïve. Des sommes astronomiques encore aggravées par les intérêts cumulés. Mais comment l’ex-sœur Sourire aurait-elle pu s’acquitter de ses prétendues dettes, elle qui n’avait pratiquement pas touché de droits d’auteur ? Piège kafkaïen. Peu d’aide, les portes se ferment. L’alcool et les tranquillisants comme seuls compagnons. D’ailleurs, quand on est « épouse du Christ », c’est le Seigneur le seul Trésor, non ? Et quand on se permet de Le quitter, qu’on se débrouille ! De plus en plus isolées et traquées, Jeanne et Florence choisiront la mort. C’était le 29 mars 1985. J’ai tenu à ce que deux chansons emblématiques de Sœur Sourire puissent être entendues sur mon site (au chapitre de mon nouveau livre IMPOTENS DEUS). En souvenir et en hommage. Rétrospectivement, je me suis retrouvé dans son combat (perdu) pour un peu plus d’air pur dans l’Eglise catholique et à la même époque, moi aussi j’ai pris le large. Ce n’est pas une justification, juste un compagnonnage.

Deux chansons sur mon site donc pour rétablir aussi cette vérité : si sœur Jeanine fut « brûlée aux feux de la rampe » (titre du livre de Florence Delaporte paru chez Plon en 1998), elle mourut surtout d'imbécillité administrative et de froide solitude après avoir été abandonnée et grugée par sa communauté.

Et pourtant… Dans une de ses chansons, Jeanine ne réclamait rien d’extraordinaire :

« Je réclame de mes frères
le droit d’évoluer
de vivre, solidaire,
parmi eux consacrée…
Elle est morte sœur Sourire,
Elle est morte, il était temps ! »

vendredi 8 septembre 2006

SI PROCHE SI TENDRE SI AVENANTE

Vendredi 8 septembre
Ce matin, dans le métro.
Ligne 9, entre Trocadéro et Grands Boulevards.
Beaucoup de monde, un groupe de touristes suants et volubiles. Nous nous tenons tous debout, pressés, résignés.

Son jeune dos est contre moi, sa cuisse gauche contre ma hanche, l’échancrure de son polo bleu roi à portée de ma bouche qui louche (le garçon n’est pas très grand, et plutôt efflanqué). Ah ! sa nuque… Nuque offerte, au niveau de mes lèvres. Je suis obnubilé par ces quelques centimètres carrés de peau immaculée, à peine grenue, lisse. Comme une plage. Comme un fruit velouté, à peine mûr. Une oasis au milieu des autres corps bariolés et bronzés, d’une vulgarité épaisse. Cette envie soudaine, cette soif, cette voracité de plus en plus impérieuse (je n’aurais qu’à me pencher !). Déposer un baiser sur cette douceur offerte, humer l’odeur tendre et pénétrante. Pas un baiser de prédateur, non, je n’en ai nul envie : juste une caresse des lèvres ; l’hommage tremblant d’un papillon à sa fleur.

Les stations défilent, le terminus approche. Mon cœur bat légèrement alors que mon sexe ne se tient pas calme. J’ai fermé les yeux, j’anticipe mon cadeau. Je les ouvre à nouveau : si nous vivions dans le meilleur des mondes, un monde poétique où la tendresse transfigure la grisaille du quotidien visqueux, j’aurais déjà posé mes lèvres brûlantes… sans hésiter ni différer… j’aurais osé… et il se serait retourné, une action de grâces dans la pupille. Et tous les voyageurs émus nous couveraient à présent d’un regard attendri.

Je n’ai pas osé évidemment et cette attente a été un délicieux tourment, mon épiphanie du jour : juste une oasis de velours cerné par un lagon bleu. Une seule fois (a-t-il senti mon envie magnétique ?) il s’est retourné, à peine, et, même de trois quarts, je l’ai vu sourire du coin de l’œil, juste le temps de mater sa pomme d’Adam émouvante et ses joues glabres (j’aime l’ombre bleue sur les joues des jeunes hommes pâles rasés de frais).

A la station Grand Boulevard, voilà que j’imagine qu’il va descendre après moi, qu’il met ses pas dans les miens, que son projet coïncide en fait avec mon programme : retourner voir à la séance de 11 heures trente, perdu dans une salle de 600 places, la romance qui m’a chaviré le cœur il y a quelques mois : « Le secret de Brokeback mountain ».

Et tout naturellement, seuls au milieu de cette salle immense, livrés au délicieux traquenard du 7ème Art, nous aurions trouvés d'instinct notre place respective dans le noir, tout seuls, comme des grands, sans l'aide d'une ouvreuse vénale. Miracle ! Nous sommes proches : coude contre coude, cuisse contre cuisse, au corps à coeur et, dès la première image des phares trouant la nuit du Wyoming, ma main tremblante aurait... si nous vivions dans le meilleur des mondes ! Evidemment ! Mais mon jeune cow-boy à la peau laiteuse n'est pas descendu de la rame. Je ne me suis même pas retourné en marchant sur le quai, pas attristé ni déçu, heureux plutôt, ébloui, reconnaissant envers ces quelques centimètres carrés de douceur offerte dans les miasmes nauséabonds du métropolitain.

Et je me suis récité mentalement l’un des courts poèmes de mon cher Stéphane Bouquet, prince des poètes :

J’ai devant moi leur jeunesse infinie
leur primeur tient lieu de beauté…

jeudi 7 septembre 2006

L'athéisme est difficile

... bien plus difficile que ne le croient tous les béni-oui-oui !

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