Ensemble ! Nous nous retrouvons pour quelques jours. Corps et âme. Nul besoin de mots : nous sommes bien ensemble. Tout simplement ! De loin souvent et aujourd’hui tout près. Ni routine, ni distance, ni usure… il m’apparaît que rien désormais n’a prise sur nous deux, sur notre histoire, notre improbable rencontre il y a dix ans, notre connivence au sein d’incroyables éloignements et dissemblances. C’est pourquoi ils me font rire tous ces psy mal baisés et ces rabat-joie moralisateurs qui encensent l’incontournable « altérité hétérosexuée », condition sine qua non d’une rencontre humaine véritable et durable. Quelle blague ! Quel stupide matérialisme, quel simplisme biologique ! Comme si deux bites mutuellement éprises et conquises ne pouvaient s’enraciner que dans ‘le même’ pour n’engendrer que mimétisme psychologique, uniformité mentale et platitude spirituelle ! Entre nous deux, tout nous unit parce que (presque) tout nous sépare mais l’amitié virile est notre commun dénominateur. Il s’agit de paire, plus que de couple. Il s’agit de bien-être, pas de bonheur. De connivence dans la dissemblance. Simplement le bien-être lorsqu’il est à la fois profond et léger, spirituel et corporel, occasionnel et éternel, en tout cas jamais fusionnel. Car tout passe par le corps, plage de l’esprit et l’Ami a bien raison lorsqu’il conclut qu’il s’agit en définitive moins d’homosexualité que d’homophilie. Avant-hier, sa “future-ex”, comme il l’appelle plaisamment, lui a demandé : « C’est vraiment plus facile la communication entre deux hommes, plutôt qu’entre un homme et une femme ? » Il a répondu par l’affirmative. Hier, dans un courriel, ma grande amie du Sud-Ouest m’a grondé gentiment, me reprochant de faire toujours la part trop belle au plaisir (ma fameuse “orgasmothérapie ” !). Comme ces dames nous guettent et brûlent de comprendre ! Mais nous ne voulons pas les mettre sur la touche ni faire la fine bouche ! Ni leur dérober quoi que ce soit. Disons que c’est autrement, ni mieux ni pire, « c’est ». Quant à moi, je persiste et signe : jouir et nous réjouir, indissociablement, exultation des corps amoureux et antidote à la mort annoncée. Mais pour l’instant, suite d’instants, que la chute est ascendante ! Comprenne qui pourra.

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