À 50 ans, dont plus de vingt passés en France, ça lui arrive encore : un agent administratif bien intentionné, au moment de lui tendre un formulaire à remplir, lui jette un coup d’œil rapide puis, constatant qu’il a un Noir en face de lui, se ravise et, gentiment, se met à remplir le formulaire à sa place. Il est noir, donc il ne sait pas écrire ! Dans ces cas-là, Gaston Kelman prend un livre et, ostensiblement, se plonge dans la lecture. Il appelle ce comportement « le racisme angélique » et il a la bonne grâce d’en rire. Comme il a eu le bon goût et l’intelligence de publier (non sans mal) un ouvrage drôle, franc et grave sur la place des Noirs dans la société française.

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