Samedi dernier, dans un temple de la rue Madame à Paris, j’assistai à un magnifique concert. Nous n’étions qu’une poignée d’auditeurs rassemblés en ce lieu austère et une amie m’avait refilé le tuyau sachant à quel point je vibre aux lieder romantiques. Après quelques magnifiques pièces de Schubert et de Wolf, j’étais impatient de découvrir trois mélodies d’Henri Duparc car, ne connaissant pas la langue allemande, j’étais impatient d’entendre comment des mots intelligibles allaient se marier à la musique. Surtout quand ces mots sont pour moi si familiers, si souvent susurrés puisqu’il s’agissait de poèmes de Charles Baudelaire. Dois-je ajouter que les deux jeunes gens étaient non seulement talentueux mais l’un et l’autre craquants, au point que quelques pensées très incarnées vinrent ça et là parasiter l’écoute tant le baryton Jean-François Rouchon présentait l’œil vif, le profil mince, la pomme d’Adam émouvante et les mains éloquentes de Melvil Poupaud, l’un de mes acteurs fétiches. Quant au pianiste, Lionel Bams, sobre et efficace, et également charmant, il réussit sur les derniers mots de « L’invitation au voyage » un friselis pianistique d’une très grande poésie. Quand la juvénilité virile s’allie au talent musical pour vous enivrer doublement !

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. »

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