jeudi 2 avril 2009
LE BAL À VAUBYESSARD
Par Michel Bellin, jeudi 2 avril 2009 à 08:38 :: General
Depuis mon retour de Fujairah, je suis toujours plongé dans « Madame Bovary ». Dans l’avion, j’avais en fait commencé par les deux derniers tiers du roman. Je l’ai ensuite repris depuis le début et j’arrive enfin au moment de la jonction. Quelle aventure passionnante ! Quelle plaisir ! C’est pour moi une découverte stimulante et une excitation permanente tant au plan de la psychologie qu’au plan strictement littéraire. J’ai enfin compris, de visu si je puis dire, ce qu’est le « bovarysme », cette sorte de fuite névrotique vers un idéal imaginaire, tant le quotidien est monotone et décevant. Pauvre Emma, si irritante et si pathétique… « Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant ; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu'à ses souliers de satin, dont la semelle s'était jaunie à la cire glissante du parquet. Son cœur était comme eux : au frottement de la richesse, il s'était placé dessus quelque chose qui ne s'effacerait pas. »
Cette scène du bal est évidemment emblématique et Mr Flaubert est décidément un très grand auteur. Chapeau !
Cette scène du bal est évidemment emblématique et Mr Flaubert est décidément un très grand auteur. Chapeau !