mercredi 18 mars 2009
SAINTE EMMA BOVARY
Par Michel Bellin, mercredi 18 mars 2009 à 06:20 :: General
Que faire durant les sept heures du vol Emirats reliant hier après-midi Dubaï à Paris sinon lire ? Lire plutôt que se laisser accaparer par le ridicule petit écran censé vous divertir ! J’ai donc dévoré tout « Madame Bovary ». J’avoue à ma grande honte n’en avoir goûté jusqu’alors que quelques extraits. Quelle légèreté de ma part ! Il est vrai que certains chefs d’œuvre paralysent à l’avance tant leur gloire est massive. Or ce roman, furieusement moderne, vous happe et ne vous lâche plus. Une sublime folle, cette Emma ! Sainte (nitouche) et perverse ! Et que dire de sa mort pathétique entre hurlements hystériques et longs crachats noirâtres empuantis d’arsenic tandis qu'un aveugle borgne blasphème sous sa fenêtre ! J’ai vraiment pris mon pied tant c’est sublime et prosaïque, féminoïde et universel. Oui, j’admire tardivement et j’envie avec jalousie le talent de Flaubert, double talent psychologique et littéraire comme l’avait noté Baudelaire : « … il a réussi à se dépouiller (autant que possible) de son sexe et de se faire faire femme. Il en est résulté une merveille. »
Affleurent si souvent le cynisme de l’auteur, son sens de la dérision et de la corrosion sociologique. Ces deux passages m’ont particulièrement réjoui (évidemment puisqu’il s’agit de christianisme honni !). C’est d’ailleurs sur ces extraits que s’est appuyé Maître Ernest Pinard, avocat impérial, pour tenter de faire interdire l’ouvrage pour « offenses à la morale publique et à la religion ».
Affleurent si souvent le cynisme de l’auteur, son sens de la dérision et de la corrosion sociologique. Ces deux passages m’ont particulièrement réjoui (évidemment puisqu’il s’agit de christianisme honni !). C’est d’ailleurs sur ces extraits que s’est appuyé Maître Ernest Pinard, avocat impérial, pour tenter de faire interdire l’ouvrage pour « offenses à la morale publique et à la religion ».