mercredi 25 février 2009
UNE FOIS J’AI VOULU ÉCRIRE UN ROMAN HÉTÉROSEXUEL
Par Michel Bellin, mercredi 25 février 2009 à 07:28 :: General
Dans mon dernier ”vrai faux journal romanesque” qui vient de paraître (« Cet été plein de fleurs » à l’Harmattan), si le jeune et séduisant héros s’appelle Paul, beaucoup de jeunes filles en fleurs lui volent souvent la vedette : Lily, Colette, Denise, Cécile, Béa, Lolo de Catelin… et j’en passe ! J’ajoute qu’il n’y a pas une seule scène de sexe et pas une seule allusion à l’anatomie intime (que je me complais si souvent à célébrer… exclusivement lorsqu’elle est virile !). Evidemment, « homosexuel », « gay », « inversion », « homosexualité », « pédérastie »… autant de mots qui sont absents (il est vrai que l’action ou… l’absence d’action se passe en 1919).
Cette œuvre ambitieuse risque donc bien de décevoir ici et là de rassurer. (Ouf ! à soixante ans, il était temps que notre héros se range, soupireront d’aise certaines de mes groupies.) Mais pour son auteur ? Aïe ! Disons que ce 12ème opus est à la fois une fierté sinon un soulagement et sinon un tourment du moins un très léger trouble. À elle seule, cette phrase tarabiscotée révèle déjà un embarras, non ? Oui ou non, me suis-je (enfin) rangé ? Ai-je trahi notre cause ? Pour preuve de cette très légère mauvaise conscience, mon ton spontanément gêné ou un brin contrit dans les dédicaces de mes services de presse (« Ni gai ni gay… je cours le risque. Serez-vous déçu ? ») ou encore ma fureur hier lorsque je me suis aperçu que mon nouvel opus venait d’être classé par un site de vente en ligne dans la catégorie « littérature érotique gay » !!!
Bref, pour en avoir le cœur net, j’ai relu le témoignage d’un écrivain espagnol Eduardo Mendicutti. J’avais acheté cet ouvrage collectif du temps de ma militance frénétique tout de suite après mon tardif coming-out. Entre cet auteur et moi, bien de peu de choses communes excepté la problématique de « l’écrivain gay » mais lorsque je suis arrivé à la conclusion, après son test si judicieux (que j’ai refait pour mon propre compte) j’ai éclaté de rire. Ce n’était pas un rire de nervosité mais de jubilation : ouf ! malgré les apparences qui sont contre moi, ce n’est pas encore cette fois que je suis totalement “guéri” ! Et je m’en réjouis.
Cette œuvre ambitieuse risque donc bien de décevoir ici et là de rassurer. (Ouf ! à soixante ans, il était temps que notre héros se range, soupireront d’aise certaines de mes groupies.) Mais pour son auteur ? Aïe ! Disons que ce 12ème opus est à la fois une fierté sinon un soulagement et sinon un tourment du moins un très léger trouble. À elle seule, cette phrase tarabiscotée révèle déjà un embarras, non ? Oui ou non, me suis-je (enfin) rangé ? Ai-je trahi notre cause ? Pour preuve de cette très légère mauvaise conscience, mon ton spontanément gêné ou un brin contrit dans les dédicaces de mes services de presse (« Ni gai ni gay… je cours le risque. Serez-vous déçu ? ») ou encore ma fureur hier lorsque je me suis aperçu que mon nouvel opus venait d’être classé par un site de vente en ligne dans la catégorie « littérature érotique gay » !!!
Bref, pour en avoir le cœur net, j’ai relu le témoignage d’un écrivain espagnol Eduardo Mendicutti. J’avais acheté cet ouvrage collectif du temps de ma militance frénétique tout de suite après mon tardif coming-out. Entre cet auteur et moi, bien de peu de choses communes excepté la problématique de « l’écrivain gay » mais lorsque je suis arrivé à la conclusion, après son test si judicieux (que j’ai refait pour mon propre compte) j’ai éclaté de rire. Ce n’était pas un rire de nervosité mais de jubilation : ouf ! malgré les apparences qui sont contre moi, ce n’est pas encore cette fois que je suis totalement “guéri” ! Et je m’en réjouis.