dimanche 22 février 2009
BONNET D’ÂNE POUR SARKO
Par Michel Bellin, dimanche 22 février 2009 à 09:42 :: General
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le
programme du concours d¹attaché d¹administration. Un sadique ou un imbécile,
choisissez, avait mis dans le programme d¹interroger les concurrents sur La
Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de
demander à la guichetière ce qu¹elle pensait de la Princesse de Clèves ?
Imaginez un peu le spectacle ! »
Nicolas Sarkozy, le 23 Février 2007 à Lyon.
On aurait tort de prendre cette énième saillie populiste de Sarko pour une anecdote, c’est un symptôme : celui de son idéologie utilitariste effrénée.
Comme l’a écrit récemment le philosophe germaniste de l’université Paris-Sorbonne Alexandre Dupeyrix : « Le discours de Sarkozy est porté par la performance, l’obsession de tout mettre en concurrence. Tout doit avoir une utilité – mais aux yeux de qui ? et qui en fixe les critères ? – et cette utilité doit être quantifiée, testée, validée. (…) Le grec ancien, ça sert à quoi ? Le français du Moyen Age, ça remplit le Stade de France ? L’étude du sanskrit, combien de brevets ? La crise économique actuelle entame sérieusement la crédibilité d’un modèle fondé sur une obsession mortifère de la compétition et du gain. Que cette atmosphère générale de pression permanente nourrit un malaise sourd et une violence sociale. C’est là qu’on attendrait une vision, un souffle, une énergie véritablement positive, et non des décharges d’agressivité. Notre pays n’a pas besoin d’un chef d’entreprise vindicatif à sa tête, mais d’un homme de rassemblement qui se soucie de la paix sociale, d’un vivre-ensemble harmonieux et de la poursuite du bonheur – utopie qui est au fondement de notre modernité politique (cf. le préambule de la Déclaration de 1789). Au fond, tout cela demande une certaine hauteur de vue. C’est un problème de… politique de civilisation ! Tiens, tiens, on n’en entend plus parler de celle-là . »
Et à propos de civilisation et de culture occidentale, la seule réponse valable au rustre cynique qui nous gouverne est bien sûr de donner ce dimanche matin la parole à l’auteur, Madame de La Fayette.
Nicolas Sarkozy, le 23 Février 2007 à Lyon.
On aurait tort de prendre cette énième saillie populiste de Sarko pour une anecdote, c’est un symptôme : celui de son idéologie utilitariste effrénée.
Comme l’a écrit récemment le philosophe germaniste de l’université Paris-Sorbonne Alexandre Dupeyrix : « Le discours de Sarkozy est porté par la performance, l’obsession de tout mettre en concurrence. Tout doit avoir une utilité – mais aux yeux de qui ? et qui en fixe les critères ? – et cette utilité doit être quantifiée, testée, validée. (…) Le grec ancien, ça sert à quoi ? Le français du Moyen Age, ça remplit le Stade de France ? L’étude du sanskrit, combien de brevets ? La crise économique actuelle entame sérieusement la crédibilité d’un modèle fondé sur une obsession mortifère de la compétition et du gain. Que cette atmosphère générale de pression permanente nourrit un malaise sourd et une violence sociale. C’est là qu’on attendrait une vision, un souffle, une énergie véritablement positive, et non des décharges d’agressivité. Notre pays n’a pas besoin d’un chef d’entreprise vindicatif à sa tête, mais d’un homme de rassemblement qui se soucie de la paix sociale, d’un vivre-ensemble harmonieux et de la poursuite du bonheur – utopie qui est au fondement de notre modernité politique (cf. le préambule de la Déclaration de 1789). Au fond, tout cela demande une certaine hauteur de vue. C’est un problème de… politique de civilisation ! Tiens, tiens, on n’en entend plus parler de celle-là . »
Et à propos de civilisation et de culture occidentale, la seule réponse valable au rustre cynique qui nous gouverne est bien sûr de donner ce dimanche matin la parole à l’auteur, Madame de La Fayette.