mercredi 17 décembre 2008
C’EST MAMAN QUI M’APPELLE ?
Par Michel Bellin, mercredi 17 décembre 2008 à 07:28 :: General
Ma mère s’appelait Geneviève. Elle est morte encore jeune d’un brutal arrêt du cœur que rien ne laissait prévoir. Je parle d’elle dans mes livres, souvent, sans indulgence alors que je sais qu’elle adorait son “Biquet”. Pourquoi cette sévérité de ma part ? Je l’ignore. Mais est-ce bien elle ? Lorsque point une ombre de remords, je me dis que la mère de Paul ou de Julius n’est pas la maman de Michel.
Bouleversante coïncidence : je découvris hier, durant la sieste, un texte à la fois drôle et touchant de Jules Laforgue, jeune poète qui actuellement fait mes délices. L’auteur, comme en se jouant, parle de cœur qui crève et de sa… Geneviève ! Bien sûr, à la fin du poème que je lus à mi-voix, le petit garçon que je suis resté avait les paupières humides et la bouche crispée… Mais la mémoire du soixantenaire restait vide, comme embarrassée et stupide : ni sa voix ni son visage ni son pâle sourire, rien, un grand trou noir et pas même le désir de retrouver ma mère.
Serais-je un monstre… hypertrophique ?
Bouleversante coïncidence : je découvris hier, durant la sieste, un texte à la fois drôle et touchant de Jules Laforgue, jeune poète qui actuellement fait mes délices. L’auteur, comme en se jouant, parle de cœur qui crève et de sa… Geneviève ! Bien sûr, à la fin du poème que je lus à mi-voix, le petit garçon que je suis resté avait les paupières humides et la bouche crispée… Mais la mémoire du soixantenaire restait vide, comme embarrassée et stupide : ni sa voix ni son visage ni son pâle sourire, rien, un grand trou noir et pas même le désir de retrouver ma mère.
Serais-je un monstre… hypertrophique ?