mardi 16 décembre 2008
LA MORT D’ALEXANDRE GAVROCHE
Par Michel Bellin, mardi 16 décembre 2008 à 07:30 :: General
Les jeunes Grecs face aux flics, nos lycéens dans la rue, la colère des humbles sous la mitraille silencieuse des spéculateurs planqués et des nantis arrogants ou donneurs de leçon…. Autrefois, trois mois avant un certain jour de Mai, « la France s’ennuyait » ; aujourd’hui, elle souffre et ronge son frein tandis que la colère couve. Dangereux face-à -face entre un hyperprésident plus hâbleur, plus manipulateur, plus autosatisfait, plus seul que jamais et l’inquiétude viscérale des classes moyennes flouées, des vieux qui survivent, des ouvriers en vacances forcées, des clandestins traqués, des jeunes et des moins jeunes qui ont la rage et de tous les déçus du libéralisme fossoyeur de valeurs et générateur d’inégalités. Fossé entre le pouvoir et la rue. Défi en chiens de faïence. Dialogue de sourds. Veillée d’armes. Certes, les Cassandre n’ont pas toujours raison, ni ceux qui soufflent sur les braises, ni ceux qui préfèrent se boucher les yeux ou les oreilles, la France n’est pas la Grèce, comparaison n’est pas raison. Mais… Voici en tout cas la page que m’inspirent ce matin la mort d’Alexandre Grigoropoulos et l’actualité hexagonale qui, je le crains - ou plutôt je l’espère - ne respectera pas l’hypocrite trêve des confiseurs.