Hier à Garches, j’ai concocté pour la charmante Pome un dessert de mon cru qui fait toujours son petit effet et dont je ne suis pas peu fier. Le meilleur test de satisfaction : la jouvencelle n’apprécie pas les desserts en général ni les sucreries en particulier ; elle préfère dévorer à jeun et à belles dents une énorme côte de bœuf rôtie ! Néanmoins, Pome a un faible pour la spécialité bellinesque en question. « Dis, Michel, et si pour midi tu nous faisais ta crêpe au four ? » Aussitôt suggéré, aussitôt mijoté.
Le principe de ce dessert simplissime (interdit aux maître-queux de plus de 8 ans) est d’associer le chaud et le froid. Tout comme j’aime adjoindre le sucré au salé, la vanille au tabac etc. En fait, c’est un postulat philosophique : le contraste épicurien (cf. mon blog de samedi dernier), contraste qui culmine dans cet aphorisme hédoniste : « comme la bière a goût de bière, le bonheur a bon goût d’amer. »
Trêve de philosophie, pour en revenir à mon dessert de prédilection, il faut d’emblée noter qu’il accumule tous les atouts : c’est une surprise gastronomique, économique, hyper pratique, fantastique voire ithyphallique (avec le côté exhib et un brin nostalgique attaché à la délicieuse « petite mort »). Ah ! ah ! je vois qu’on dresse… l’oreille ! Oh ! oui, mon souriceau, dresse tes menues esgourdes, tends-moi ton lobe velouté afin que je le gobe, agace gentiment mes papilles voraces et… non, ne me tends rien, amigo, ni tes oreilles ni le reste, tu vas me troubler dans ma démonstration. Retour donc à la recette du jour. Et si tu veux bien, cher(e) internaute, tu testes le week-end prochain la crêpe de Bellinus et tu nous en donnes ici des nouvelles et peut-être tes propres astuces. Chiche ?

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