mercredi 12 novembre 2008
ALFREDO ORMANDO
Par Michel Bellin, mercredi 12 novembre 2008 à 05:33 :: General
Lorsque, submergé par l’émotion, j’ai écrit les dernières pages de mon récit (la lettre d’adieu de Loïc à son cher écrivain-conseil), j’ai pensé très fort à Alfredo Ormando, à sa solitude, à sa détermination farouche. Catholique fervent, il était entré dans un séminaire franciscain puis dans un monastère, qu'il quitta deux ans plus tard pour travailler en tant qu'écrivain. Sa trilogie Il Dubbio, L’Escluso et Sotto il cielo d’Urano reste inédite. Son roman Il Fratacchione (le gros moine), qu'il publie à ses frais en 1995, rend compte de sa vie au monastère, déjà marquée par une tentative de suicide, et de son conflit entre la spiritualité et les désirs de la chair.
Le 13 janvier 1998, il s'immola par le feu à Rome sur la place Saint-Pierre pour protester contre l'attitude de l'Église catholique envers les homosexuels. Il est mort quelques jours plus tard dans d'atroces souffrances à l'hôpital romain de Sant'Eugenio, après que des policiers témoins du drame aient tenté d'éteindre les flammes.
Alfredo a laissé une lettre dans laquelle il déclare :
« Je vis dans la certitude de laisser la vie terrestre, ce qui ne m'horrifie pas, au contraire ! Je n'ai pas hâte d'en finir avec la vie ; ils penseront que j'étais fou parce que j'ai choisi la Place Saint Pierre pour m'incendier, alors que je pouvais le faire tout aussi bien à Palerme. J'espère qu'ils comprendront le message que j'ai voulu donner ; c'est une forme de protestation contre l'Église qui diabolise l'homosexualité, diabolisant par là -même la nature, parce que l'homosexualité est sa fille. » Le porte-parole de l'Eglise, Ciro Benedettini, affirma que le suicide était dû à des motifs familiaux. Tous les ans, une manifestation devant Saint-Pierre de Rome rappelle son immolation. Un documentaire intitulé « Alfredo's Fire, the Clash between Faith and Sexuality » est en préparation. Alfredo Ormando est le dédicataire, à titre posthume, de Ieschoua mon amour.
Le 13 janvier 1998, il s'immola par le feu à Rome sur la place Saint-Pierre pour protester contre l'attitude de l'Église catholique envers les homosexuels. Il est mort quelques jours plus tard dans d'atroces souffrances à l'hôpital romain de Sant'Eugenio, après que des policiers témoins du drame aient tenté d'éteindre les flammes.
Alfredo a laissé une lettre dans laquelle il déclare :
« Je vis dans la certitude de laisser la vie terrestre, ce qui ne m'horrifie pas, au contraire ! Je n'ai pas hâte d'en finir avec la vie ; ils penseront que j'étais fou parce que j'ai choisi la Place Saint Pierre pour m'incendier, alors que je pouvais le faire tout aussi bien à Palerme. J'espère qu'ils comprendront le message que j'ai voulu donner ; c'est une forme de protestation contre l'Église qui diabolise l'homosexualité, diabolisant par là -même la nature, parce que l'homosexualité est sa fille. » Le porte-parole de l'Eglise, Ciro Benedettini, affirma que le suicide était dû à des motifs familiaux. Tous les ans, une manifestation devant Saint-Pierre de Rome rappelle son immolation. Un documentaire intitulé « Alfredo's Fire, the Clash between Faith and Sexuality » est en préparation. Alfredo Ormando est le dédicataire, à titre posthume, de Ieschoua mon amour.