Clémenceau, dès 1917, parlait plutôt de « guerre intégrale » mais la réalité est la même : l’horreur intégrale. Un gros livre - « Les Croix de Bois » - raconte la vie dans les tranchées. Ce qui reste de la vie : la tambouille, les obus, la camaraderie, la boucherie et la mort. Récit classique de la Grande Guerre, ce roman du journaliste Roland Dorgelès touche encore par son humanité et sa sensibilité virile. Quant à moi, quel que soit le débat sur les commémorations, j’ai une pensée émue ce matin pour Gabriel, mon grand-père, fin lettré et amateur de vin jaune. Il perdit durant les combats la moitié du nez et son genou gauche fut arraché. Il venait de se marier quand il partit pour le front et fut salement touché à Verdun… mais il s’en tira et clopin clopant vécut longtemps avec son fichu caractère, son gaullisme primaire, son insupportable rigorisme (pas moyen de lorgner le moindre baiser à la télé) et un cœur gros comme ça. Sacré pépé !

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