Durant la campagne, je n’ai jamais été un obamaniaque écervelé et naïf, seulement un citoyen (du monde) réaliste : l’élection de cet homme sera la Révolution faite chair. Pas moins. C’est donc arrivé et j’ai veillé jusque vers 4 heures ce matin pour le confirmer ici. Déjà, le 18 mars dernier au Musée de la Constitution à Philadelphie (Pennsylvanie), le discours de Barak Hussein Obama résonnait comme le plus formidable et le plus beau discours de toute l’Histoire des Etats-Unis. C’était – c’est désormais – le plus formidable challenge : que l’Amérique change pour redevenir elle-même. Et le monde avec elle.

Ce discours – qu’on a un peu minimisé en France, car on n’a peut-être pas mesuré la portée symbolique de cette réconciliation annoncée (non pas seulement black et blancs, mais aussi pauvres et nantis, jeunes et vieux…) n’est pas un laïus politique habituel, un de plus. Non, il n’est pas impersonnel, démagogique, pas manichéen non plus, pas indigeste comme beaucoup de discours volontaristes brassant du vent et des incantations creuses, rien à voir avec le vibrato sarkozyste qui en a dupé plus d’un. On peut dire que c’est un discours politique postmoderne. Lis-le ce matin, ami(e) internaute, relis-le, fais-le tien. Lis ce texte lucide et généreux, vibre à l’histoire de la petite Ashley et du vieillard noir silencieux, ce n’est pas uniquement la geste américaine, c’est aussi notre histoire, c’est aussi NOTRE PROGRAMME POUR LA FRANCE (qui, soit dit en passant, soutient Obama majoritairement mais n’élirait jamais un fils de harki !!!)

… cette France qui se déshonore par ses usines qui ferment ou délocalisent, par ses financiers véreux qui boursicotent et entassent leurs actions dans des édens fiscaux, par ses campagnes désertées et les ghettos de ses banlieues-dépotoir à qui l’on promet monts et merveille à la moindre étincelle, par ses disputes politiciennes stériles et ses amendement votés en catimini, par son Hôpital public qui dysfonctionne et sa Poste qui veut être cotée en Bourse, par ses enseignants spécialisés méprisés et dont les postes vont être demain supprimés, par ses vieilles gens souvent trop solitaires et aux pensions dérisoires, par toutes ses personnes handicapées qui végètent faute de places et de moyens, par ses zombies en fin de vie à qui l’on se contente d’offrir des discours pieux, par ses homoparents et ses homos tout courts qui ne jouissent pas des droits élémentaires (mariage, procréation, adoption), par ses prisons surpeuplées où l’on se suicide à 16 ans tandis que Madame la Ministre parade en Dior et surtout, surtout, surtout, par ses centres de rétention où l’on ne fêtera pas cette année Noël en famille, ces centres (« les plus clean d’Europe ! » s’est vanté un politicien cynique) qui sont la honte de notre République !

Oui, lisons ce texte et disons avec Obama, avec nos amis Américains enthousiastes - même si nous, Français, nous avons raté notre élection présidentielle : « Cette fois, nous pouvons dire ensemble, cette fois nous pouvons dire : NON ! »

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