L’autre jour sur les ondes (plus précisément sur France Inter, émission du 7/10 le matin du 15 août), j’ai interpellé en direct Mgr Barbarin, évêque de Lyon et primat des Gaules (?!). Mon objection portait sur le manque de tolérance et les attaques répétées de l’Eglise catholique contre tout ce qui touche à l’identité gay (pratique de ce type de sexualité, union civile, homoparentalité…) J’ai pu même citer, grâce à l’obligeance de l’animateur Pierre Weill qui m’a redonné la parole, cette phrase vraiment stupéfiante de bêtise te d’intolérance, due comme il se doit à Benoît XVI - Benedetto pour les intimes : « Reconnaître légalement les unions homosexuelles serait masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ». Légèrement déstabilisé par cette attaque précise, l’Eminence lyonnaise a conclu que la Bible, selon la doctrine constante de l’Eglise, ne peut cautionner n’importe quelle pratique contemporaine. Il n’a pas dit « n’importe quelle dérive ». Ouf ! OK. C’est la Bible qui a raison. Partout et toujours. C’est elle qui donne le ton puisqu’elle est inspirée directement par Dieu. Je conçois que pour un chrétien, ce vieux grimoire soit la référence absolue. (Pour moi, c’est la conscience individuelle éclairée par la charte des Droits de l’Homme et du Citoyen.) Il n’en demeure pas moins que la question rebondit : comment lit-on la Bible ? Comment l’interprète-t-on ? « On », horrible mot mal poli dirait belle-maman ! « On », ce sont les exégètes patentés du Vatican, très habiles pour transformer des anachronismes avérés en vérités révélées, pardon, Vérité avec la majuscule. Démonstration à l’appui avec cette très belle synthèse d’Alain Lavoie, un théologien de l’Université de Laval au Québec.

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