Il y a chez les ecclésiastiques une sorte d’ingénuité bon enfant et d’assurance paisible qui deviennent stupéfiantes quand on confronte leur naïf credo à la réalité. Dans le Journal du Dimanche d’hier (n° du 7 septembre 2008), à la question du journaliste « Que signifie annoncer l’Evangile ? », Mgr André André Vingt-Trois répondait posément : « Dire que Dieu veut le bonheur de l’Homme. » Quand on sait que Dieu a créé l’homme à son image,– et l’homme le lui a bien rendu, dixit Voltaire – ne devrait-on pas être rassuré par le retour béat à l’envoyeur et cette belle harmonie universelle ?
Or, il se retrouve que je lis avec beaucoup de retard un livre fascinant – effarant – sur la genèse d’un génocide. Qu’il s’agisse de tutsi, de juif ou de gitan, on est ici au plus près du Mal absolu. Question subsidiaire que le journaliste du JDD aurait pu poser au prélat irénique : à Auschwitz ou à Nyamata, que faisait le Bon Dieu pendant tout ce temps ? Mais comme le théologien a réponse à tout, il aurait sans doute répondu d’une voix douce et mesurée : la grandeur de Dieu, c’est de respecter la liberté humaine. L’homme est donc libre de se livrer au mal absolu et son Créateur n’y peut mais. Mais victimes et bourreaux se retrouveront un jour au paradis… ou en enfer car Dieu est Amour. CQFD.
Maintenant, ami(e) internaute, accroche-toi. Voici les témoignages de Joseph-Désiré, d’Alphonse, d’Ignace, de Fulgence… d’anciens braves cultivateurs et instituteurs, chrétiens pour la plupart, devenus des tortionnaires tout à fait ordinaires.

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