Nous affirmons aujourd’hui qu’on ne doit plus accorder aux relations de type homosexuel une moindre valeur, ni lui réserver un statut particulier. Or, il semble qu’il en ait été très différent pour les Grecs : ils pensaient que le même désir s’adressait à tout ce qui était désirable – sous la réserve que l’appétit était plus noble qui se portait vers ce qui est plus beau et plus honorable ; mais ils pensaient aussi que ce désir devait donner lieu à une conduite particulière lorsqu’il prenait place dans une relation entre deux individus de sexe masculin. Les Grecs n’imaginaient point qu’un homme ait besoin d’une « nature » autre pour aimer un homme ; mais ils estimaient volontiers qu’aux plaisirs qu’on prenait dans une telle relation, il fallait donner une forme morale autre que celle qui était requise lorsqu’il s’agissait d’aimer une femme. Dans ce genre de rapport, les plaisirs ne trahissaient pas, chez qui les éprouvait, une nature étrange ; mais leur usage requérait une stylistique propre.

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