Dans un article du Monde (mardi 10 juin), Gisèle Halimi, présidente de Choisir la cause des femmes, revient sur le fameux jugement de Lille qui a défrayé la chronique.
Elle note très judicieusement que « ce jugement, en vérité, fait bien de la virginité la cause de la nullité. A l'évidence, il porte atteinte à ce qui fonde notre justice. Et gomme, du même coup, la liberté d'une femme, égale à celle d'un homme, de disposer d'elle-même ! Le tribunal aurait donc, à tort et sans le mentionner formellement, pris en considération la religion du mari français. Il est musulman. Les attendus du jugement ne laissent aucun doute, ils insistent sur la "perception" que le mari avait eue de la virginité de l'épouse. Gageons que si un jeune Durand ou Dupont avait sollicité l'annulation de son mariage pour les mêmes motifs le tribunal, après avoir ri, ou cru à un gag, aurait rejeté rapidement la demande. Et condamné aux dépens. Mais le justiciable de Lille, encore une fois, est musulman. Et du coup l'indignation générale provoquée par l'annulation du mariage se mâtine de relents islamophobes. (…) Les musulmans peuvent-ils être des Français comme nous ? La question est dans tous les non-dits. Personne ne songe aux mariages - chasteté exigée - des juifs orthodoxes, à papillotes et à perruque ? Ni à ceux des catholiques intégristes disciples de Monseigneur Lefebvre, priant régulièrement à Saint-Nicolas-du-Chardonnet ? » Et l’avocate de conclure : «Egalité des sexes, dignité des femmes, tels sont les impératifs de notre droit qui excluent, dans tous les cas, la prise en compte de réflexes communautaristes. Le jugement de Lille a méconnu la donnée de base. Il ne pouvait concerner que deux justiciables français, soumis à la laïcité républicaine de notre droit. Rien de moins. Mais, aussi, rien de plus. »
À propos du christianisme – champion de l’ascèse et du mépris du sexe – j’ai eu envie de réviser mes vieux classiques, en l’occurrence ce cher ST JERÔME. Cet ennemi du mariage fut le chantre de la virginité des pucelles romaines. Ne sont-elles pas consacrées à Jésus-Christ, cet Homme-Dieu vierge, né d’une vierge ? Voici les bons conseils du vieux Père de l’Eglise à la belle Eustochia, vierge de son état, le tout dans un salmigondis d’arguties et de citations scripturaires, un vrai matraquage avant l’heure ! Je gage que peu de lecteurs auront la constance d’aller jusqu’au bout de l’extrait et pourtant la dernière phrase est une perle.

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