J’ai assisté vendredi dernier à une interview-débat intitulée : « Une librairie gay, pour quoi faire ? Y a-t-il une littérature gay ? » J’élargis aujourd’hui le sujet en (me) posant cette question assez surprenante, j’en conviens : « Existe-t-il une musique gay ? »
À n’en pas douter, semble répondre Dominique Fernandez dans cette page magnifique tirée de son roman Tribunal d’honneur. Le mieux pour les internautes serait qu’ils fassent eux-mêmes le test en écoutant le 2ème mouvement (adagio cantabile) du sextuor de Tchaïkovski op. 70 « Souvenir de Florence ».

Est-ce utile d’ajouter qu’à l’issue d’un passionnant débat, nous n’avons pu conclure sinon que, s’il n’existe évidemment pas de syntaxe gay ni de solfège pédé, il y a ce petit air de famille impalpable où l’on se sent bien, en confiance et connivence – à la fois dans certains livres et aussi dans certaines bonnes librairies. Là est bien l’essentiel, au-delà des étiquettes simplistes, puisqu’en définitive « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. » Mais cette opinion du Cardinal de Retz pourrait elle aussi se discuter jusque tard sans la nuit !

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