Ce que je ne comprends décidément pas, c’est que, chaque fois qu’un patient incurable veut en finir, il doive en France, tout en convoquant les médias avides, lever le doigt (s’il reste encore un doigt à lever !) pour demander la permission en pleurnichant : « Excusez-moi, M’sieur le Juge (ou mon Père), est-ce que j’ai le droit de ne plus souffrir le martyre et de ne plus ressembler à une monstrueuse cucurbitacée ? »
De quoi je me mêle ? Il y a une manière élégante, esthétique et indolore de disparaître à domicile et d’en faire l’acmé de son existence. Encore faut-il être plus prévoyant que procrastinateur et avoir adopté sa vie durant mon axiome : « Rien ne sert de mourir, il faut partir à point. » Et là-dessus, Montaigne reste notre maître à tous : « Le sage vit tant qu’il doit, non pas tant qu’il peut : le présent que nature nous ait fait le plus favorable, et qui nous ôte tout moyen de nous plaindre de notre condition, c’est de nous avoir laissé la clé des champs (…). Si tu vis en peine, ta lâcheté en est cause ; à mourir, il ne reste que le vouloir. » (Les Essais, Livre II)

Ci après, le petit scénario que j’ai concocté et qui me plairait bien, le plus tard possible évidemment, puisque mourir à temps n’oblige pas de partir en avance !

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