Il a un timbre d’or, une voix d’une pureté sans égale, un physique de jeune dieu, très vite Philippe Jaroussky s’est imposé comme le contre-ténor français qui, s’inscrivant dans une longue tradition remontant au chant des castrats, va faire vibrer le monde de la musique baroque et contemporaine.
Quand je l’entends, quand je le vois, si beau, si frais, si juvénile, si charmant, si inspiré, si languide, si véhément, si musical… le miracle se produit : saisissement quasi-charnel, qui me happe et ne me lâche plus. Par ce regard, minéral, couleur terre, qui se transforme petit à petit en émeraude étincelante au fur et à mesure que l’interprète fait l’œuvre sienne, l’intègre, la restitue,alors que le souffle, un peu court au début, s’allonge jusqu’à délivrer des plages infinies de chant élégiaques, ou des pages de folle virtuosité. Enfin, et surtout, Philippe a cet art du conteur, capable de transformer le moindre livret - à la limite de la niaiserie à base de tourments, d’amour et de jalousie - en une véritable saynète dramatique qui me tient en haleine et sous le charme absolu.
Et Philippe Jaroussky sait si bien parler de son art !

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