Mon grand ami B. est décédé il y a quelques semaines et sa présence continue de s’agripper à moi… parfois… souvent… obstinément, me laissant entre perplexité et regret, entre acceptation et révolte. Bref, « je ne m’y fais pas ! » Difficile de faire le deuil de sa présence, de sa voix, de cet air bourru qui me touchait tant, de ses colères homériques, de sa tendresse et de son humour soigneusement camouflées… Jamais père et mère ne m’ont poursuivi ainsi, peut-être parce qu’on ne choisit jamais ses géniteurs, alors qu’on choisit et cultive les ami(e)s rares et qu’une fois disparus, ces chers « alter ego » ne nous laissent plus en repos. En témoigne ce texte de mon cher philosophe Alain : je ne comprends pas tout, je n’adhère pas à tout, mais cette page m’a fait du bien, simplement peut-être parce qu’elle renvoie au présent… et à la promesse d’un nouveau printemps, même s’il sera dépeuplé . « Un de plus en moins »… selon la formule qui accompagne chacun de mes matins.

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