mardi 9 octobre 2007
JÉZABEL
Par Michel Bellin, mardi 9 octobre 2007 à 09:41 :: General
« Donc, je me résume, tout ce qui tournerait autour du vrai comme un pot sans fond, le style qui étoufferait la vérité comme le hachis Parmentier infect de tous les mercredis à Issy qu’on appelle Jézabel, les rallonges quoi ! les vers, les rimes, les adverbes en « men »t tout gonflés et ceux prétentieux en «isme », et tous ses points d’exclamation qui m’embrouillent parce qu’ils zigouillent mes citations !!! bref, toute sa déco intello, moi, je m’en passe et j’enlève toujours le gras des mots, comme mon écrivain privé m’a appris… (extrait de IESCHOUA MON AMOUR).
Il me reste quelques souvenirs gastronomiques du temps où j’étais interne au petit séminaire de Thonon-les-Bains. Outre la morue dorée du vendredi (à cette époque, elle était bon marché) et les frites miraculeuses qui me consolaient de la vie d’internat, même si le rabiot faisait toujours défaut, on nous servait rituellement une sorte de mixture étrange qui n’avait aucun nom dans aucune langue, sorte de brouet où la purée grisâtre le disputait à quelques fragments carnés difficilement identifiables. Unanimes, nous avions baptisé « Jézabel » cette sorte de gratin Parmentier du pauvre. Je pressentais qu’il devait se cacher au fond du plat quelque accointance avec les classiques, quelque part du côté de Corneille ou de Racine, tellement à l’époque l’amour des Belles Lettres mijotait déjà jusqu’au fond de nos assiettes. Vérification faite aujourd’hui puisqu’il me plait, dans mes chroniques « Poèmes d’enfance » de retrouver grâce à Google la trace de mes premières errances littéraires...à défaut de mes appétences !
Il me reste quelques souvenirs gastronomiques du temps où j’étais interne au petit séminaire de Thonon-les-Bains. Outre la morue dorée du vendredi (à cette époque, elle était bon marché) et les frites miraculeuses qui me consolaient de la vie d’internat, même si le rabiot faisait toujours défaut, on nous servait rituellement une sorte de mixture étrange qui n’avait aucun nom dans aucune langue, sorte de brouet où la purée grisâtre le disputait à quelques fragments carnés difficilement identifiables. Unanimes, nous avions baptisé « Jézabel » cette sorte de gratin Parmentier du pauvre. Je pressentais qu’il devait se cacher au fond du plat quelque accointance avec les classiques, quelque part du côté de Corneille ou de Racine, tellement à l’époque l’amour des Belles Lettres mijotait déjà jusqu’au fond de nos assiettes. Vérification faite aujourd’hui puisqu’il me plait, dans mes chroniques « Poèmes d’enfance » de retrouver grâce à Google la trace de mes premières errances littéraires...à défaut de mes appétences !