Ô ma souveraine, ô ma mère… C’était le cantique imposé, chaque soir, pendant quinze ans, avant les nuits glacées. Imposé par les pères enjuponnés. Et sous ses voiles de plâtre, la prêtresse couvait de son morne regard le troupeau prosterné. Quand il pense à sa mère – jamais en fait, sauf aujourd’hui, étrange matin de son crépuscule – c’est cette statue en stuc que Julius revoit. Enfant, il la trouvait lourde, empâtée, sans grâce, avec sa poitrine plate, sa sous-ventrière azur, l’immense chapelet déployé comme une bande de mitrailleuse et, à ses pieds…

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