samedi 30 juin 2007
BANNIÈRES ET OSTENSOIRS
Par Michel Bellin, samedi 30 juin 2007 à 08:12 :: General
Avant hier, me rappelant soudain mon toc littéraire d’avant l’été - que j’avais bien failli négliger ! je m’y attèle à la dernière minute, tapant sur mon clavier durant la nuit avec frénésie, réduisant ma formulation de 12.000 à 4000 caractères. A l’aube, j’envoie mon papier en urgence avec cette conviction inébranlable : cette fois, c’est trop tard mais c’était la bonne ! Coup de fil une heure après : votre article paraîtra dans la page Débats du Monde mais seulement la semaine prochaine… quelques heures plus tard, courriel du Directeur éditorial : l’article paraîtra mais demain… « un changement de programme comme il en arrive bien souvent… c’est encore mieux comme ça avant la Gay Pride. Merci. Cordialement. »
Oui, c’est mieux, mille mercis à vous, Gérard, mais je tremble un peu ce matin : avec cette parution tonitruante le jour J, je vais passer pour le trouble-fête de service et le donneur de leçons en chambre. Pire, un déserteur, un traître (c’est actuellement très à la mode !) et je sais à l’avance l’argument massue qu’on va m’asséner : Bellinus est la victime consentante de son « homophobie intériorisée » ! Un de plus. Comme c’est pratique et facile… Ceci dit, voilà , à mon avis, un bon débat à ouvrir : LA GAY PRIDE, POURQUOI ? Pour quoi ? Pour qui ? Qui relèvera le défi et m’expliquera pourquoi les processions bruyantes des homos sont en France toujours aussi pertinentes, signifiantes, socialement et politiquement efficaces, humainement et personnellement gratifiantes… bref « in-con-tour-na-bles » ?»
2004, 2005, 2006, 2007… Quatre années ! C’est dire si chacun de mes mots a été pesé, si je ne regrette rien (sauf peut-être la date de parution et le chapeau de l’article dont je ne suis pas responsable), si je ne regrette surtout pas d’avoir adouci ma longue diatribe sur le même sujet parue dans mon dernier livre IMPOTENS DEUS (aux Editions Alna). Morale de l’histoire en guise de remontant : Jeannot, notre génial et trop sous-estimé fabuliste a une fois de plus raison, « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… »…
… ni qu’orages !
"… orages désirés qui devez m’emporter dans les espaces d'une autre vie ! Levez-vous vite ! " Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, et comme possédé par le démon de mon cœur. »