Pour les matins (parisiens) de pluie et de tristesse, ce texte de Giono est une splendeur vitaminée. Il faut le lire et le savourer en entier, et pas uniquement les deux premières pages comme ici. On se reprend à respirer, à rêver, à vivre… Les mots du poète sont si évocateurs que, même au sortir du métro, on « voit » la belette, l’abeille, le rossignol ; on « respire » les odeurs, l’anis, les mille petites herbes collées contre la terre noire… On « s’enivre » littéralement du soleil levant, d’une force neuve qui agit en vous par la seule magie des mots évocateurs. Alors, on se redresse, on respire à nouveau, on reprend cœur et on comprend tout : « Le monde est là ; j’en fais partir. Je n’ai d’autre but que de le comprendre et de le goûter avec mes sens. Et je me lève comme le conducteur de quadrige mettait le pied sur la plate-forme du char avant de se laisser emporter par la course de ses quatre chevaux. »

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