Un peu de lyrisme aujourd’hui pour purifier l’atmosphère ! Cette page de Gide – Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur ! – soigneusement calligraphiée sur mon journal de bord il y a bien des années, combien de fois l’ai-je lue et relue ! Ce texte ne prouve rien, n’explique rien, son ton d’injonction fiévreuse peut même agacer, je trouve personnellement qu’il charrie une force poétique, un élan de tornade et de joyeuse liberté propre à dissiper tous les miasmes. La mention de « Dieu » à la fin m'irrite un peu, c’est une manie chez l’auteur, mais l’instance est métaphorique : il s’agit du Bonheur de l’instant. Oui, par-dessus les caniveaux de la politique et l’ennui visqueux de nos existences, que vienne l’Aurore ! Mais lequel d’entre nous peut accepter ce défi : « une existence pathétique plutôt que la tranquillité !"

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