mardi 23 janvier 2007
POURQUOI J’AI DÉFROQUÉ
Par Michel Bellin, mardi 23 janvier 2007 à 11:26 :: General
Hier soir, au cours d’une émission de radio où je présentais "Impotens deus", mon dernier ouvrage, j’ai rencontré le jeune William qui vient de quitter le sacerdoce. Il a publié récemment un livre qu’il m’a offert et que j’ai lu d’une traite ("Confidences dérangeantes d’un homme d’Eglise", W. Nasarre, aux Ed. Jean-Claude Gawsewitch). Bien qu’il ait la trentaine (séduisante !), j’ai retrouvé à trente ans de distance dans le parcours brisé de cet alter ego le même élan, les mêmes doutes, les mêmes souffrances, la même déconvenue… les mêmes impasses institutionnelles, comme quoi l’Eglise catholique demeure immuable, immuablement névrogène et cruellement hostile au bonheur.
Lorsque j’ai quitté ma paroisse en 1978, j’aurais voulu – comme William – pouvoir m’en expliquer auprès de mes paroissiens au lieu de m’éclipser. Car les chrétiens ne sont pas des gosses et il n’est jamais bon de cacher la merde au chat. Mon évêque me l’a formellement interdit, concluant son diktat par cette phrase bien peu amène : « Une fois de plus, tu t’écris à toi-même en cherchant un public. Seras-tu donc un perpétuel baladin ? ». Oui, Monseigneur, je le suis, je crois en tout cas que chaque être humain a droit à la transparence et à la vérité et c’est pourquoi, 29 ans plus tard (merci Internet !) je publie enfin cette lettre que nul n’a pu lire ni entendre dans mon église dévastée.