dimanche 7 janvier 2007
VOULEZ-VOUS DECROITRE AVEC NOUS ?
Par Michel Bellin, dimanche 7 janvier 2007 à 13:50 :: General
Depuis le printemps 2006, mon pote et moi nous nous lançons un défi : la décroissance volontaire. Quelques nouveaux réflexes à acquérir : le squat aménagé (au détriment du nombre de m²), la récup, l’emprunt, le retour au bon vieux microsillon, les chaussures ressemelées plutôt que remplacées, les « cartes Fidélité » snobées, les emplettes à l’Emmaüs du coin, la réparation et le rafistolage (O. excelle à ce sport !)… Quand l’un des deux est tout prêt de céder à une impulsion consumériste, à l’envie d’amasser ou de bibeloter, à faire une entorse à sa cure de désintoxication médiatique, l’autre le reprend gentiment : « Vraiment besoin ? Et ta décroissance ? » Dans l’ennui visqueux et vulgaire de la consommation (amplifiée par la pub, la télé, la technologie…), cette « simplicité volontaire » n’est pas pour nous un mot d’ordre vertueux, ni ascétique ni diététique ni catholique (« Heureux les pauvres…" et autres fadaises moralisatrices!) pas même écologique etc. – un peu économique (forcée) tout de même ! Outre que nous récupérons sur le tard notre dignité d’adultes critiques et responsables, – avec une pointe assumée de (léger) snobisme esthétisant ! cf. mon post-scriptum en forme de mise en garde – faire la nique aux marchands et aux slogans imbéciles, déjouer leurs pièges grossiers (s’miles et autres « promos »), se moquer en s’abstenant de leurs obscènes réclames ou de leurs soldes tapageuses, c’est un sursaut joyeux, impertinent et excitant puisqu’il nous restitue un bien oublié depuis trop longtemps : L’AUTONOMIE ! (mot plus modeste que Liberté !) Heureux d’avoir pu lire dans une récente chronique du MONDE (dimanche 7, lundi 8 janvier 2007) que d’autres hurluberlus se lancent dans cette joyeuse résistance. [texte ci-après]